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Les vieilles granges : un patrimoine bâti en péril

02/03/2014 07:23 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

Les granges en bois disparaissent rapidement dans toutes les régions du Québec. Et la moitié de ces granges et de ces anciennes étables ne seraient pas récupérables. Faut-il s'inquiéter pour ce patrimoine bâti de la province?

Un texte de Rachel Brillant, de La semaine verte Courriel

Les retombées économiques du bâti ancien sont bien réelles, même si elles sont difficiles à chiffrer. Les vieilles granges embellissent le paysage et font partie des circuits touristiques. Elles annoncent les attraits de la campagne dans les dépliants et représentent l'attractivité du territoire.

Mais les granges et les étables en bois finissent par disparaître parce qu'elles n'ont plus d'utilité. Elles sont inadéquates pour l'agriculture moderne et spécialisée comme le porc ou les grandes céréales. Souvent devenues la propriété de rentiers, elles sont un fardeau économique à l'entretien. L'impôt foncier et les assurances représentent environ 2000 $, des montants considérables pour qui n'a plus de revenus.

Leur salut repose entre les mains des agriculteurs, qui doivent leur trouver un usage agricole contemporain. Et c'est toute la difficulté. Car autrement, elles s'affaisseront et seront débâties - planche par planche - pour être revendues en matériau de luxe.

La vogue du bois de grange est en force au pays, tout comme aux États-Unis. Le commerce du bois antique connaît un essor de 25 % par année pour certaines entreprises.

Quelques solutions

Face à la décadence du patrimoine agricole, de nombreuses MRC recensent le patrimoine de leurs bâtiments. La MRC de Coaticook, en Estrie, a été la première à le faire et a même publié un guide de bonnes pratiques pour qui veut sauver et restaurer son bâtiment.

Au Québec, plus d'une centaine de granges ou d'étables sont protégées par la Loi sur le Patrimoine culturel. Le gouvernement ou la municipalité peut accorder le statut légal et, du coup, en interdire la démolition. Ce peut être aussi le ministre qui accorde la protection. Dans ce cas, le bâtiment est classé « monument historique ».

Cinq granges ou étables profitent de cette protection au Québec :

  1. La Grange octogonale Adolphe-Gagnon est située dans le Bas-Saint-Laurent, à Saint-Fabien. C'est la seule à posséder quatre niveaux, un concept futuriste de 1888 qui a d'ailleurs valu à la veuve du propriétaire Gagnon le Mérite agricole.
  2. La grange-écurie des Prêtres Chaumont est située au cœur de Sainte-Anne-des-Plaines, dans les Basses-Laurentides. On la remarque à peine, mais elle est particulière avec son toit à deux versants qui est asymétrique.
  3. En Montérégie, à Saint-Ignace-de-Stanbridge, la grange Alexander-Solomon Walbridge est unique avec son toit en forme de collerette.
  4. En Estrie, à Austin, la grange circulaire Damase-Amédée-Dufresne a été construite d'après un plan populaire aux États-Unis au 19e siècle.
  5. Dans Charlevoix, à Saint-Urbain, la grange Lajoie possède un toit de chaume. Relique des techniques de construction sous le Régime français quoiqu'utilisée également après la conquête.

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