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Ukraine: Washington demande un retrait russe et l'envoi d'observateurs

01/03/2014 07:20 EST | Actualisé 01/05/2014 05:12 EDT

L'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power a réclamé samedi le retrait des renforts russes de Crimée et suggéré l'envoi d'"observateurs internationaux" en Ukraine, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité à New York.

"Il est temps pour la Russie de mettre fin à son intervention" en Ukraine, a affirmé Mme Power devant le Conseil, qui venait d'entendre un appel "à la solidarité envers la nation ukrainienne" de la part du représentant ukrainien aux Nations unies.

"Le message (de Washington) au président (russe Vladimir) Poutine est: retirez vos troupes et entamons un dialogue international", a-t-elle lancé ensuite à la presse, à l'issue de la réunion.

Pour l'ambassadrice américaine, "les actions de la Russie en Ukraine violent la souveraineté de l'Ukraine et menacent la paix et la sécurité".

Elle a ainsi demandé "le déploiement immédiat d'observateurs internationaux de l'ONU ou de l'OSCE" --l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe-- en Ukraine, afin de "faire baisser la tension".

Elle a aussi répété sa demande d'envoi d'une mission internationale de médiation en Crimée.

Résumant les discussions, l'ambassadrice luxembourgeoise Sylvie Lucas, qui préside le Conseil en mars, a expliqué que les 15 pays membres avaient "souligné la nécessité de faire baisser la tension" et d'amorcer d'urgence une médiation internationale. "Les discussions vont se poursuivre sur la manière d'y parvenir", a-t-elle ajouté.

L'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant a lui aussi dénoncé l'envoi de renforts militaires russes en Crimée. Il a estimé que la Russie n'avait fourni "aucune justification pour ses activités militaires en Crimée ou dans le reste de l'Ukraine". "La souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine ne sont pas négociables", a-t-il insisté.

A l'ouverture de la réunion, l'ambassadeur ukrainien Iouri Sergueyev avait exhorté le Conseil à arrêter "l'agression" de la Russie en Crimée et accusé Moscou d'avoir violé la charte des Nations unies.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à faire tout ce qui est en son pouvoir pour arrêter l'agression de la Fédération russe en Ukraine. Il y a encore une chance", avait-il déclaré.

Notant que les renforts militaires russes en Crimée "sont déjà là et augmentent d'heure en heure", il avait demandé "à tous les pays membres de l'ONU de faire preuve de solidarité envers la nation ukrainienne".

L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a pour sa part rejeté les accusations de Kiev et réaffirmé que la solution à cette crise était "de revenir à l'accord du 25 février et d'établir un gouvernement d'unité nationale".

"Il faut se calmer (..) mais il me semble que mon collègue ukrainien n'est pas de cet avis", a-t-il martelé. Il a fait valoir également que Vladimir Poutine "n'avait pas encore pris de décision sur l'utilisation des forces armées" en Ukraine.

L'ambassadeur français Gérard Araud a quant à lui souligné "qu'il ne s'agit pas aujourd'hui d'exiger de l'Ukraine que ce pays choisisse entre l'Est et l'Ouest". La France, a-t-il dit, prône "une solution politique qui serve les intérêts du peuple ukrainien et préserve l'intégrité territoriale et la souveraineté du pays", mais aussi qui "tienne compte des préoccupations" de la Russie.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé au téléphone samedi le président russe pour "l'inviter à entamer d'urgence un dialogue direct avec les autorités de Kiev".

M. Ban estime qu'il "est essentiel de rétablir le calme et de faire immédiatement baisser la tension".

avz/sam

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