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Ukraine: les mots de la révolution

01/03/2014 02:26 EST | Actualisé 30/04/2014 05:12 EDT

Maïdan, Berkout, titouchki: le mouvement de contestation qui a emporté en trois mois le régime du président Viktor Ianoukovitch a mis en avant un vocabulaire spécifique, dont voici les principaux exemples.

MAÏDAN: "la place"

La place de l'Indépendance, dans le centre de Kiev, devenue le symbole de la contestation contre le pouvoir de Ianoukovitch. Occupé jour et nuit depuis plus de trois mois par des manifestants, défendu par des barricades, le Maïdan rappelle un campement cosaque auto-géré avec discipline, avec ses dizaines de tentes, ses poêles à bois, ses militants cagoulés, dans une ambiance festive entretenue par les artistes qui se succèdent pour chanter sur un podium. Défiguré par les affrontements avec la police, le Maïdan ressemble aujourd'hui à un mausolée, recouvert de fleurs, de photos de victimes, de bougies et de chapelets sur lequel le public vient tous les jours se recueillir.

BERKOUT: "les Aigles royaux"

Les forces spéciales antiémeute, particulièrement redoutées et haïes par les manifestants. Ses membres, à l'uniforme et à l'insigne spécifiques, sont dotés des habituels boucliers et matraques, mais aussi de fusils d'assaut kalachnikov et de fusils de tireurs d'élite avec des lunettes de précision. On les voit utiliser ces armes à feu lors des affrontements qui ont abouti à un bain de sang le 20 février. Dissoutes par le nouveau pouvoir qui estime que l'unité s'est "discréditée" aux yeux du peuple ukrainien.

SOTNIA: "une centaine"

A l'origine un groupe d'une centaine d'hommes dans les armées cosaques, désormais l'unité de base des groupes d'auto-défense du Maïdan, qui assure le service d'ordre des manifestants et surtout la protection des barricades érigées tout autour du Maïdan. Le public a baptisé "Sotnia du ciel" les manifestants tués entre le 18 et le 20 février, les journées sanglantes qui ont vu la mort de 82 personnes, qui font l'objet d'un véritable culte.

RADA: "le Conseil"

Le Parlement ukrainien. C'est lui qui a destitué le 22 février le président Viktor Ianoukovitch et prévu d'organiser une présidentielle anticipée le 25 mai, alors qu'il est issu des législatives remportées par les alliés de Ianoukovitch. C'est aussi lui qui a investi jeudi le nouveau Premier ministre, Arseni Iatseniouk et le nouveau gouvernement d'union nationale. Ses actes ont permis de donner une légitimité au renversement du pouvoir de Ianoukovitch.

SLAVA UKRAÏNI: "Gloire à l'Ukraine"

Le slogan préféré des manifestants sur le Maïdan, régulièrement lancé par les orateurs sur le podium, auquel la foule répond par un vibrant "Heroïam Slava", "Gloire aux héros". Il s'agissait initialement d'un cri de ralliement des membres de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), organisation controversée qui a combattu pendant la Seconde guerre mondiale les nazis, les Soviétiques et les partisans polonais, accusée d'avoir massacré des civils juifs et polonais.

PRAVY SEKTOR: "le Secteur droit"

Tire son nom de l'emplacement des tentes de ses partisans, sur le côté droit du Maïdan. Mouvement paramilitaire que son chef Dmytro Iaroch décrit comme "nationaliste mais pas fasciste", il a acquis une grande popularité auprès des manifestants en s'illustrant en première ligne lors des violents affrontements, faisant pleuvoir des pluies de pavés et cocktails molotov sur les policiers. Il revendique l'héritage sulfureux des nationalistes ukrainiens de la Seconde guerre mondiale et veut une Ukraine débarrassée de toute influence étrangère russe comme européenne.

TITOUCHKI:

Du nom de Vadym Titouchko, connu pour avoir battu un groupe de journalistes ukrainiens en mai. Des gros bras se proclamant partisans de Viktor Ianoukovitch, soupçonnés par l'opposition d'être recrutés dans les salles de musculation ou dans les milieux défavorisés de la province et payés pour semer la terreur en agresser les militants ou brûlant leurs voitures.

thm/neo/pt

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