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L'Ukraine réclame de l'aide onusienne contre l'«agression» de la Russie

01/03/2014 02:11 EST | Actualisé 01/05/2014 05:12 EDT

NEW YORK, États-Unis - L'ambassadeur ukrainien aux Nations unies a réclamé, samedi, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité, de «faire tout ce qui était possible» pour stopper l'«agression» russe, alors que des troupes commandées par Moscou s'emparaient de la région stratégique de la Crimée.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a pressé le président russe Vladimir Poutine, lors d'un appel téléphonique, de «s'engager urgemment dans un dialogue direct avec les autorités» de Kiev.

Qualifiant la situation en Ukraine «d'aussi dangereuse que déstabilisante», l'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power a déclaré au conseil qu'«il est temps que l'intervention de l'armée russe en Ukraine prenne fin».

Mme Power et d'autres membres du conseil ont réclamé l'envoi d'observateurs en Ukraine aussi tôt que possible pour surveiller la situation, et Mme Power a mis en garde contre le fait que «les actions provocatrices de la Russie pourraient facilement faire basculer le tout au-delà du point de rupture». Elle a également mentionné qu'elle travaillait sur une mission de médiation internationale qui serait déployée en Ukraine.

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunissait d'urgence pour la deuxième fois en autant de jours en lien avec les événements se précipitant en Ukraine. Le conseil a aussi tenu une courte réunion devant les caméras de télévision, malgré les objections initiales de la Russie, avant de reprendre les discussions à huis clos.

Le conseil n'a cependant posé aucun geste. En tant que membre permanent, la Russie dispose d'un droit de veto et peut bloquer le plus puissant organe de l'ONU, et ainsi l'empêcher d'adopter toute motion critiquant ou sanctionnant Moscou.

L'actuel président du conseil, la Luxembourgeoise Sylvie Lucas, a cependant souligné que les membres avaient mentionné l'importance du respect de l'intégrité du territoire ukrainien, et la nécessité de réduire les tensions, en plus de la nécessité de déployer des observateurs internationaux.

L'ambassadeur onusien de la Russie, Vitali Tchourkine, a déclaré que le nouveau gouvernement de Kiev devait s'éloigner des «radicaux» et a laissé entendre que «les gestes qu'ils posent pourraient mener à des développements très difficiles, ce que la Fédération de Russie tente d'éviter».

M. Tchourkine a précisé que la Russie intervenait à la demande des autorités pro-russes en Crimée, qui est largement russophone et abrite la flotte russe de la mer Noire.

L'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant, qui a réclamé la tenue de la rencontre de samedi, a dit par la suite à des journalistes qu'il «n'y a aucune justification aux activités militaires russes des 48 dernières heures».

Selon le sous-secrétaire général Jan Eliasson, la situation en Ukraine est «très difficile et très dangereuse», avant d'ajouter qu'on pouvait y voir «des signes très négatifs, très sérieux, de risques d'escalade».

L'ambassadeur ukrainien à l'ONU, Iouri Sergueïev, a affirmé que la Russie avait refusé la proposition de l'Ukraine de tenir immédiatement des consultations bilatérales. Selon lui, la Russie a violé de façon brutale tous les principes de base de la Charte des Nations unies.

Ce dernier a aussi appelé les quatre autres membres permanents du conseil — États-Unis, Chine, France, Grande-Bretagne — à apporter leur aide pour stopper l'«agression» russe.

Interrogé un peu plus tard à savoir si l'Ukraine était en guerre contre la Russie, M. Sergueïev a répondu «non, nous ne sommes pas en guerre. Nous essayons d'éviter les heurts. Nous sommes provoqués».

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