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Les sociaux-démocrates en ordre de bataille pour les européennes

01/03/2014 04:12 EST | Actualisé 30/04/2014 05:12 EDT

Socialistes et sociaux-démocrates se sont mis en ordre de bataille samedi à Rome pour les élections européennes de mai, avec l'investiture officielle de leur candidat, Martin Schulz, et l'adoption d'un manifeste pour "une nouvelle Europe".

Pour changer "la majorité de droite", qui a créé une "Europe de la peur et de l'austérité", "ce qui compte est de voter pour des socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes, démocrates et progressistes européens", peut-on lire dans ce manifeste. Ce texte sera adopté par les quelque 800 délégués réunis pour le Xème Congrès du Parti socialiste européen (PSE).

"Il est temps de placer l'emploi au premier plan et de construire une Europe sociale", a déclaré le président du PSE, Sergueï Stanichev, ex-Premier ministre bulgare.

Réunis à Rome, "lieu de naissance de l'Europe", "nous voulons lui donner un nouvel avenir, car l'Europe ne peut pas continuer comme ça", a lancé le premier ministre français, le socialiste Jean-Marc Ayrault. "Si l'on continue avec une politique qui conduit au chômage de masse qui décourage les Européens, c'est le projet européen qui est en danger".

"Nous voulons lutter contre les conservateurs qui ont ajouté l'austérité à la dérégulation financière" et "combattre les populistes qui se nourrissent de cette crise et veulent démolir la construction européenne au profit d'un repli national", a déclaré à l'AFP le dirigeant du parti socialiste français Harlem Désir.

Aujourd'hui, les sociaux démocrates sont minoritaires au sein de l'Union européenne. Ils ne sont au pouvoir que dans onze pays -dont la France et l'Italie- sur 28, parfois dans le cadre de coalition gauche-droite, et le PSE compte 195 députés contre 275 aux conservateurs du Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen. Selon les derniers sondages, les socialistes sont au coude à coude avec le PPE, voire même légèrement en avance.

Dans leur manifeste, ils développent un programme en dix points pour les cinq années, avec en premier plan "les emplois" et "la relance de l'économie", avec notamment l'instauration de salaires minimums.

- "votre mot à dire sur la direction de l'Europe" -

Pour la première fois cette année, et en vertu du traité de Lisbonne, les chefs d'Etat et de gouvernement européens devront prendre en compte les résultats des élections européennes pour la présidence de la Commission, même si certains d'entre eux résistent à se voir imposer leur futur interlocuteur à la tête de la Commission.

"En mai, pour la première fois, vous aurez votre mot à dire sur la direction de l'Europe", rappellent les auteurs du manifeste.

Contrairement à leurs adversaires du PPE, les dirigeants du PSE avaient déjà fait leur choix. Samedi, le social-démocrate allemand Martin Schulz, président du parlement européen, a été élu à une très large majorité: 368 voix sur 404 (2 contre et 34 abstentions).

Avenant et chaleureux, mais aussi autoritaire, voire parfois brutal, cet autodicate de 58 ans, qui n'a jamais participé à un gouvernement, est un fonceur, qui, contrairement au président sortant José Manuel Barroso, répugne à la langue de bois. "Il faut parler sans ambages pour que les gens nous comprennent", dit-il.

"Dynamique et offensif" selon l'eurodéputé libérale Sylvie Goulard, il s'est battu pour faire sortir de l'ombre et renforcer le rôle du Parlement européen, seule institution directement élue au suffrage universel. Il est détesté par les eurosceptiques et l'extrême-droite: il "a la tête de Lénine et parle comme Hitler", dit de lui l'ancien président du Front national Jean-Marie Le Pen.

Ironie du sort, M. Schulz a été intronisé à Rome où il est surtout célèbre pour avoir été la cible d'un coup d'éclat de l'ex-chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi. C'était en 2003: alors que M. Schulz avait évoqué "le virus des conflits d'intérêt", le Cavaliere, piqué au vif, l'avait traité de "kapo", en allusion aux camps de concentration nazis. Martin Schulz s'était contenté de dire : "mon respect pour les victimes du national socialisme m'interdit de vous répondre". Une dignité et un sens de la répartie qui avaient été salués par tous d'un bout à l'autre de l'Europe.

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