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Le président Obama demande à la Russie d'apaiser les tensions en Ukraine

01/03/2014 06:17 EST | Actualisé 01/05/2014 05:12 EDT

WASHINGTON - Le président américain Barack Obama a demandé samedi à la Russie de procéder à une désescalade des tensions en Ukraine en ramenant ses forces dans ses bases de la péninsule de Crimée, et de ne pas intervenir ailleurs en Ukraine.

M. Obama a personnellement livré ce message à M. Poutine lors d'une conversation téléphonique de 90 minutes, a fait savoir la Maison-Blanche samedi soir.

Cette demande du président des États-Unis a semblé ne pas trouver écho chez le leader du Kremlin, alors que celui-ci, à son tour, a souligné à son homologue américain qu'il existait de véritables menaces envers les citoyens russes vivant en Ukraine et que la Russie avait le droit de protéger ses intérêts dans cette région.

Les troupes russes ont d'ailleurs pris le contrôle de la Crimée (sud-est) alors que la Douma russe autorisait M. Poutine à utiliser la force militaire pour défendre les intérêts russes dans son ancienne république soviétique.

Le nouveau gouvernement ukrainien s'est avéré incapable de réagir à l'afflux de troupes russes.

«Le président Obama a exprimé sa grave inquiétude à propos de la violation flagrante, par la Russie, de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine», a mentionné la Maison-Blanche dans une déclaration qualifiant le geste de «violation du droit international».

Quelques heures plus tôt, l'équipe de M. Obama pour la sécurité nationale s'était réunie à la Maison-Blanche pour obtenir de nouvelles informations sur la situation et discuter des options sur le plan politique; le président n'y a pas participé. Le vice-président Joe Biden et le secrétaire d'État John Kerry y assistaient par vidéoconférence.

«Les États-Unis condamnent l'intervention militaire russe en territoire ukrainien», a martelé la Maison-Blanche.

M. Obama a également discuté de la situation avec le premier ministre canadien Stephen Harper et le président français François Hollande.

De son côté, le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a discuté par téléphone avec son homologue russe et a souligné que «sans changements sur le terrain», la Russie risquait d'accroître l'instabilité dans la région, l'isolation au sein de la communauté internationale, et une escalade qui menacerait «la sécurité européenne et internationale», a mentionné le Pentagone.

M. Kerry a dit avoir discuté samedi matin avec le président ukrainien «pour l'assurer qu'il disposait du solide appui des États-Unis». Le secrétaire d'État a également appelé à la tenue d'une rencontre avec ses homologues internationaux pour prévoir les prochaines étapes.

Le président Obama a recommandé à M. Poutine d'établir un dialogue pacifique à l'aide de médiateurs internationaux, et a dit être prêt à aider en ce sens.

M. Obama a également clairement mentionné que la poursuite, par la Russie, de la violation de la souveraineté ukrainienne aurait un impact négatif sur la place occupée par la Russie au sein de la communauté internationale.

Le chef d'État américain et ses alliés européens ont cependant peu de cartes en main; Washington et l'Union européenne ne sont par ailleurs pas forcés de se porter à défense de l'Ukraine, puisque ce pays n'est pas pleinement membre de l'OTAN, tandis que des démarches plus larges à l'échelle internationale, via les Nations unies, semblent improbables en raison du droit de veto de la Russie au Conseil de sécurité.

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