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La mort de Paco de Lucia célébrée avec émotion dans le sud de l'Espagne

01/03/2014 04:03 EST | Actualisé 01/05/2014 05:12 EDT

ALGECIRAS, Espagne - Des centaines de personnes ont bravé la pluie samedi, pour rendre un dernier hommage au guitariste virtuose Paco de Lucia avant un service funèbre, à Algeciras, sa ville natale située dans le sud de l'Espagne, au coeur du pays de la musique flamenco.

Des gens lançaient des roses sur le corbillard, applaudissaient et criaient son nom alors que son corps arrivait de Madrid vers l'hôtel de ville, tôt samedi matin.

M. de Lucia est décédé des suites d'une attaque cardiaque mercredi à Cancun, au Mexique, à l'âge de 66 ans. Il s'y trouvait en vacances, dans sa demeure au bord de la mer.

Aucun autre guitariste n'était tenu en plus haute estime par les Espagnols depuis la mort du guitariste classique Andres Segovia (1893-1987), a soutenu Jose Maria Garcia, un peintre et décorateur également originaire d'Algeciras.

Paco de Lucia a suscité l'admiration tant du public que des musiciens. Il a été l'un des musiciens espagnols les plus innovateurs.

Très tôt dans sa carrière, il a adopté une position différente en croisant ses jambes et plaçant son instrument sur sa cuisse droite. Cette technique lui permettait de tenir sa guitare quasiment à l'horizontale et d'avoir un meilleur accès au manche. Il pouvait ainsi réussir des accords qui avaient toujours été considérés comme trop difficile à jouer. C'est une technique qui n'avait jamais été éprouvée ni par ses mentors de flamenco, Nino Ricardo et Sabicas, ni par des joueurs classiques comme Andres Segovia.

Dans des villes andalouses comme Algeciras, où une statue de bronze est érigée en l'honneur du musicien, Paco de Lucia est surtout reconnu pour son travail avec le chanteur Jose Monge Cruz, ou Camarón de la Isla, son nom de scène.

Le duo a en effet contribué à amener le flamenco dans les plus grandes salles de concert du monde. C'est M. de Lucia qui a intégré au style le cajón, un instrument à percussion péruvien semblable à une boîte qu'il a découvert lors d'une tournée.

Le répertoire de M. de Lucia allait toutefois au-delà du flamenco. Ses interprétations de classiques de Manuel de Falla et de Joaquin Rodrigo lui ont notamment valu beaucoup de respect.

Mais c'est en formule jazz que les prouesses du défunt étaient le plus appréciées, en trio ou en sextet avec les guitaristes Larry Coryell, John McLaughlin ou Al Di Meola, le pianiste Chick Corea et le percussionniste Rubem Dantas.

L'Espagne a tenu des funérailles officielles pour Paco de Lucia vendredi à l'auditorium national de Madrid. Tant des dignitaires que des admirateurs y ont assisté pour rendre un dernier hommage au célèbre musicien et offrir leurs condoléances à sa famille.

Son cercueil a ensuite été transporté à l'hôtel de ville d'Algeciras, puis à l'église, où son frère, Pepe de Lucia, a chanté un hommage flamenco durant la messe.

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