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USA: Google réclame le rétablissement d'un film islamophobe sur YouTube

28/02/2014 06:37 EST | Actualisé 30/04/2014 05:12 EDT

Le géant de l'internet Google a exhorté vendredi la justice américaine à autoriser le rétablissement, sur sa plateforme de vidéos YouTube, d'un film islamophobe qui avait déclenché en 2012 une vague de violences meurtrières dans les pays arabes.

Une cour d'appel fédérale avait ordonné mercredi le retrait de "L'innocence des musulmans" de YouTube.

La plainte avait été déposée par Cindy Lee Garcia, l'une des actrices du film, qui avait assuré avoir été trompée sur l'objet du brûlot et réclamait son retrait au titre de son droit d'auteur.

Selon Google, la vidéo a été retirée de YouTube, mais le géant de l'internet affirme que la décision cause un dommage irréparable aux droits constitutionnels de YouTube, de Google et du public.

"En s'appuyant sur cette décision, toute personne ayant participé, même de façon lointaine, à un film hollywoodien ou à une vidéo familiale, pourra réclamer le contrôle de ces oeuvres à leurs créateurs, et des fournisseurs de service comme YouTube ne pourront plus déterminer qui détient les droits d'auteur", écrit Google dans sa requête à la cour, réclamant le gel de la décision.

Mme Garcia avait été embauchée par M. Youssef pour tourner dans un film intitulé "Desert Warrior" (Le guerrier du désert). Le film n'était jamais sorti, mais l'actrice avait découvert sur YouTube un autre film, "L'innocence des musulmans", dans lequel ses scènes avaient été utilisées, détournées et doublées avec des dialogues islamophobes.

Dans sa décision, la cour d'appel a estimé que le réalisateur du film, Mark Basseley Youssef, avait "outrepassé les droits implicites d'utilisation de la performance de l'actrice".

"Si répondre à un casting pour un film amateur à petit budget mène rarement à la gloire, cela fait tout aussi rarement d'une actrice l'objet d'une fatwa", a observé Alex Kozinski, l'un des juges de la cour d'appel.

Il rappelle qu'à la suite de la diffusion et de la médiatisation du film, des violences avaient éclaté dans le monde arabe, et un religieux égyptien avait lancé une fatwa contre toutes les personnes ayant participé au film.

Le film, grossièrement amateur, dépeint le prophète Mahomet comme un voyou aux pratiques déviantes.

L'auteur de "L'innocence des musulmans" avait été condamné en novembre 2012 à un an de prison pour violation de sa liberté conditionnelle dans une affaire de fraude bancaire.

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