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Une loi antigais qui coûte cher à l'Ouganda

28/02/2014 11:24 EST | Actualisé 30/04/2014 05:12 EDT

L'Ouganda commence à ressentir les effets négatifs de sa loi sanctionnant l'homosexualité. Le pays subit les pressions économiques de la communauté internationale qui témoigne ainsi de sa désapprobation de la loi antigais ougandaise.

La Banque mondiale a reporté, jeudi, un prêt de 90 millions de dollars destiné au système de santé ougandais. « Nous avons différé le projet pour un nouvel examen pour nous assurer que les objectifs de développement ne soient pas touchés par l'entrée en vigueur de cette nouvelle loi », a déclaré le porte-parole de la Banque mondiale David Theis dans un courriel.

Le président ougandais, Yoweri Museveni, a promulgué une loi qui rend passible de la vie le crime « d'homosexualité grave ». La nouvelle loi criminalise également la non-dénonciation de relations homosexuelles. M. Museveni soutient que la loi ougandaise n'est pas un fait isolé puisque 83 pays interdisent l'homosexualité alors que 100 autres autorisent la discrimination envers les femmes.

Traditionnellement neutre, la Banque mondiale est intervenue dans le dossier ougandais en soulignant que l'institution est opposée à la discrimination. Le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim, a précisé que l'institution assurera la sécurité de tous ses employés.

« Dans les prochains mois, nous aurons une large discussion sur la discrimination avec le personnel, la direction et notre conseil d'administration sur ces questions », déclare M. Kim dans un courriel dont Reuters a obtenu copie. « C'est actuellement le bon moment pour cette conversation. »

La Banque mondiale dispose d'un ensemble de projets d'une valeur de 1,56 milliard de dollars en Ouganda, l'un des pays les plus pauvres de la planète. Le report du prêt de la Banque mondiale s'inscrit dans la foulée des décisions de la Norvège et du Danemark de retenir des dons destinés à l'Ouganda. Les États-Unis, qui fournissent une aide annuelle de 400 millions de dollars au pays africain, ont annoncé leur intention de réexaminer leurs relations avec l'Ouganda.

L'homosexualité est taboue dans la majorité des pays africains. Elle est même illégale dans 37 de ces pays.

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