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Ukraine: Stephen Harper soutient l'intégrité territoriale

28/02/2014 04:45 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

KIEV, Ukraine - Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a exhorté vendredi «tous les pays de la région» à respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

«Nous appuyons de façon très forte le désir de démocratie de la population ukrainienne», a déclaré le premier ministre lors d'un événement organisé vendredi matin à Toronto.

Sans faire référence à la Russie de façon explicite, il a néanmoins qualifié les informations en provenance d'Ukraine de «préoccupantes».

Mais depuis Kiev, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a directement impliqué la Russie. Il a invité les nations avoisinantes à respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine et d'éviter de poser des gestes qui pourraient être interprétés comme de la provocation.

«Avec cela en tête, je suis inquiet que les manoeuvres militaires russes menées si près de la frontière ukrainienne n'aident en rien la situation en ce moment, alors que les émotions et les tensions sont si vives», a exposé le ministre Baird.

Ces commentaires surviennent au moment où des représentants du nouveau gouvernement ukrainien accusent la Russie d'être derrière une «invasion militaire», soutenant que des troupes russes seraient stationnées près d'une base de la garde côtière et de deux aéroports en Crimée, une région de l'Ukraine proche de Moscou.

À Kiev, le Parlement ukrainien a adopté une résolution exigeant que la Russie interrompe sa marche visant à ce qu'on a qualifié de menace contre la souveraineté de l'Ukraine et contre son intégrité territoriale. Les députés ont également demandé une intervention du Conseil de sécurité des Nations unies.

Une réunion du conseil était prévue vendredi après-midi, a indiqué un porte-parole de l'ONU, Martin Nesirky. Il y a toutefois fort à parier que rien ne bougera de ce côté puisque la Russie, à titre de membre permanent, peut imposer son veto et bloquer toute action.

John Baird a dit accueillir favorablement une déclaration en provenance de son homologue russe, Sergueï Lavrov, qui a assuré que la Russie respecterait l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Le ministre a affirmé qu'Ottawa travaillait de concert avec ses alliés afin de discerner «la réalité de la fiction» en ce qui a trait à la situation sur le terrain en Crimée.

«Nous nous attendons à ce que la Fédération de Russie respecte les engagements figurant dans la déclaration de Budapest, et nous ne présenterons certainement pas d'excuses si nous nous tenons aux côtés de la population ukrainienne et de sa quête de liberté», a-t-il lancé en faisant référence à l'entente internationale conclue sur les frontières de l'Ukraine.

Quelques heures auparavant, à Kiev, le ministre Baird arpentait la place de l'Indépendance, au centre-ville, là où de violents affrontements ont éclaté la semaine dernière entre des manifestants anti-gouvernementaux et les forces de l'ordre.

Un nouveau gouvernement ukrainien a été formé après des semaines de violentes manifestations contre l'ancien président Viktor Ianoukovitch, qui a fui le pays pour se réfugier en Russie. L'assaut des forces gouvernementales avait fait une trentaine de morts et plus de 500 blessés.

La place de l'Indépendance affiche encore de nombreux stigmates de ces violences. Le ministre Baird a reconnu qu'il avait été ému par ce qu'il avait vu. Il a rendu hommage aux victimes des affrontements et a transmis un voeu de paix aux Ukrainiens.

Le chef de la diplomatie canadienne devait avoir un entretien plus tard vendredi avec le nouveau premier ministre par intérim de l'Ukraine, Arsenyi Iatseniouk.

Entre-temps, la péninsule de Crimée est le théâtre d'échanges musclés entre partisans de la souveraineté de l'Ukraine et ceux favorisant un rapprochement avec la Russie voisine. Jeudi, à Simféropol, la capitale régionale de la Crimée, des hommes armés ont hissé le drapeau russe au sommet du parlement criméen.

Pour sa part, le président déchu Ianoukovitch, qui se considère toujours comme dirigeant principal du pays, a tenu vendredi en Russie une première conférence de presse depuis sa fuite de Kiev, samedi dernier. Il a promis de lutter pour l'avenir de son pays, tout en indiquant qu'il n'a pas l'intention de demander d'aide militaire.

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