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UE: l'accord d'association avec l'Ukraine n'est pas contre la Russie

28/02/2014 10:31 EST | Actualisé 30/04/2014 05:12 EDT

L'accord d'association que l'Union européenne (UE) a proposé à l'Ukraine est "toujours sur la table" et n'a pas pour but de tourner le dos à la Russie, a assuré vendredi le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht.

"L'accord d'association est toujours sur la table (...) et si l'Ukraine est prête à le signer, l'UE l'est aussi", a déclaré M. De Gucht à l'issue d'une réunion informelle des ministres européens du Commerce à Athènes.

"Il ne s'agit pas d'un accord pour ou contre la Russie. Ce n'est pas parce que l'Ukraine aura des relations rapprochées avec l'Europe qu'elle ne peut pas entretenir des relations étroites avec la Russie. Nous applaudissons la proximité des relations entre Ukraine et Russie. Pour nous, la Russie n'est pas un rival", a-t-il souligné.

Selon M. De Gucht, "cet accord pourrait apporter 487 millions de bénéfices à l'Ukraine" provenant surtout des exportations des produits chimiques et agricoles.

L'accord d'association devait être accompagné d'une assistance financière de quelque 610 millions d'euros. La mobilisation d'autres fonds européens pourrait permettre de dégager quelques centaines de millions supplémentaires.

Alors que les autorités ukrainiennes ont évalué leurs besoins à quelque 35 milliards de dollars, le Fonds monétaire international (FMI) va envoyer une mission à Kiev "dans les prochains jours" pour entamer les discussions sur un plan d'aide.

La Commission européenne va aussi envoyer des experts dans le pays, a-t-on indiqué de source européenne, tout en soulignant que c'est le FMI qui allait se charger d'évaluer les besoins.

Interrogé sur l'éventualité d'une signature de l'accord avec un gouvernement transitoire en Ukraine, M. De Gucht a estimé que le Conseil européen, qui représente les Etats, "devrait décider" sur ce sujet et que "l'Europe était prête à toute éventualité".

La Commission européenne "est prête à ouvrir des discussions", mais attend que les autorités ukrainiennes se prononcent sur l'opportunité de cette signature, a pour sa part souligné le porte-parole de la Commission européenne Olivier Bailly, lors d'un point de presse à Bruxelles.

"Il revient aux autorités ukrainiennes de faire un choix souverain et de dire si et quand elles veulent signer", a-t-il affirmé. In fine, les Etats membres devront se prononcer, a-t-il relevé.

L'actuel gouvernement ukrainien "est notre interlocuteur à ce stade (...) nous reconnaissons la légitimité de ce gouvernement" dans la mesure où il a été investi par le Parlement ukrainien, "dont la légitimité n'est pas contestée", a-t-il dit.

Le président ukrainien déchu Viktor Ianoukovitch a affirmé vendredi qu'il était toujours le chef de l'Etat, lors de sa première apparition en public depuis son renversement il y a une semaine.

Dans une première réaction lundi, la Commission avait d'abord renvoyé l'éventuelle signature d'un accord d'association avec l'Ukraine à la formation d'un gouvernement issu des élections anticipées prévues le 25 mai.

Le refus en novembre de M. Ianoukovitch de signer l'accord d'association et de libre échange négocié pendant plusieurs années avec l'UE, au profit d'un accord avec Moscou, avait précipité le pays dans la crise.

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