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Turquie: nouvelle bagarre au Parlement, les députés en viennent aux mains

28/02/2014 05:30 EST | Actualisé 30/04/2014 05:12 EDT

Les débats marathon qui se succèdent au Parlement turc sur une série de lois très controversées d'un gouvernement empêtré dans les affaires de corruption ont donné lieu jeudi soir à une nouvelle violente bagarre entre députés rivaux.

Après le texte sur le contrôle d'internet et la réforme judiciaire, c'est cette fois le projet de suppression d'écoles de soutien scolaire privées très courues en Turquie, les "dershane", qui a mis le feu aux poudres dans l'hémicycle.

Plusieurs députés de la majorité du Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et de l'opposition en sont venus aux mains, a-t-on appris de source parlementaire.

Un élu du Parti républicain du peuple (CHP) a dû être hospitalisé après avoir reçu un coup de poing en pleine figure.

Des bagarres ont éclaté à plusieurs reprises au Parlement ces dernières semaines.

La décision de M. Erdogan de supprimer les milliers de "boîtes à bac" est à l'origine de la guerre qui déchire la majorité islamo-conservatrice au pouvoir depuis 2002 en Turquie, entre le gouvernement AKP et le réseau du prédicateur musulman Fethullah Gülen, un des principaux propriétaires de "dershane".

Le Premier ministre accuse l'organisation Gülen d'avoir, en réaction à cette décision, usé de son influence dans la justice et la police pour manipuler les enquêtes anticorruption lancées contre des dizaines de ses proches pour le déstabiliser avant les élections municipales du 30 mars et présidentielle d'août.

Pour reprendre la situation en main, le pouvoir a déclenché de vastes purges dans la police et la justice et fait voter une loi très controversée qui place la principale autorité judiciaire du pays, le Haut-conseil des juges et procureurs (HSYK) sous la tutelle du ministre de la Justice.

Le CHP a saisi vendredi la Cour constitutionnelle pour faire annuler cette loi.

Dès la publication du texte au Journal officiel, le ministre de la Justice Bekir Bozdag a procédé à des nominations à plusieurs postes clé de cette instance.

BA/pa/ros

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