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Sarkozy voit Merkel à Berlin et vante leur "leadership" pour sauver l'euro

28/02/2014 09:05 EST | Actualisé 30/04/2014 05:12 EDT

L'ancien président français Nicolas Sarkozy a été reçu par la chancelière allemande Angela Merkel, vendredi à Berlin, avant de prononcer un discours où il a fait l'éloge de leur "leadership" pour sauver l'euro.

"Je n'ai aucune intention de mettre un terme à la période de recul de toute activité politique que j'ai souhaitée", a affirmé l'ancien président, qui était invité à s'exprimer sur l'Europe et la relation franco-allemande par la Fondation Konrad Adenauer, émanation du parti conservateur CDU de Mme Merkel.

"Je suis venu (...) en ami de l'Allemagne", a-t-il déclaré, après un entretien d'une heure avec la chancelière, une faveur rarement accordée à des personnalités sans responsabilités politiques. "Si j'ai accepté cette invitation, c'est pour témoigner de la nécessité de l'amitié entre les deux premières nations d'Europe", a-t-il justifié en préambule, se décrivant comme "un Européen convaincu et militant".

Rappelant, dans un discours à la tonalité grave, les guerres ayant opposé la France et l'Allemagne au XXe siècle, il a souligné l'importance "absolument stratégique" de l'amitié franco-allemande, la qualifiant de "trésor sacré".

"Il ne faut pas jouer avec des choses aussi fondamentales", a-t-il mis en garde. "L'amitié entre la France et l'Allemagne n'est pas un sujet d'actualité politique. Ce n'est pas une question de gauche ou droite", a estimé l'ancien chef des conservateurs français (UMP).

"Sans cette amitié, il y aurait eu d'autres guerres (...) Qui serait assez fou (...) pour croire que ce trésor est acquis pour toujours?", a-t-il demandé.

"Depuis Adenauer et De Gaulle, il appartient à chaque responsable de nos pays respectifs d'apporter sa contribution (...) Pendant cinq ans, en étroite coordination avec la chancelière Merkel, nous avons fait tout ce qui était dans notre pouvoir pour que nos deux pays agissent ensemble, pour éviter que la crise bancaire n'emporte l'économie mondiale, pour sauver l'euro de la tourmente qui menaçait de tout emporter", a-t-il lancé, déclenchant les applaudissements nourris de son auditoire rassemblant notamment des élus conservateurs allemands et de nombreux journalistes.

"Dans la crise, l'Europe avait un besoin vital de leadership. Le leadership n'est pas un gros mot. Le leadership, c'est un devoir", a-t-il martelé, ajoutant: "Et quand on a peur du leadership, c'est qu'on a peur de ses responsabilités".

M. Sarkozy, qui a esquivé les questions des journalistes, n'a pas une fois prononcé le nom de son successeur, le socialiste François Hollande, dont les relations avec Mme Merkel ont souvent été décrites comme distendues, voire difficiles, notamment durant les premiers mois de son mandat.

Une porte-parole de Mme Merkel a souligné vendredi que celle-ci avait informé le président Hollande de la visite de M. Sarkozy. Ni la chancellerie, ni l'entourage de l'ancien président n'ont donné d'informations sur le contenu de leur entretien à huis clos.

Nicolas Sarkozy a aussi exposé sa vision de l'avenir de la construction européenne, proposant "plus d'intégration pour l'Europe de l'euro, moins d'intégration pour l'Europe des 28".

"Pour l'Europe de l'euro (...), le défi c'est d'aller plus loin en terme d'intégration économique afin de créer une zone de stabilité qui n'a que trop attendu", a-t-il dit. "Pour l'Europe des 28, le défi c'est d'être capable de se concentrer sur l'essentiel afin d'être prêts à accueillir le moment venu les Etats qui attendent à nos portes".

"L'Union européenne doit cesser d'exaspérer les citoyens (...) par des réglementations toujours plus incompréhensibles sur des sujets sans cesse plus secondaires", a-t-il ajouté.

Evoquant brièvement le dossier ukrainien, l'ancien président a affirmé que "rien ne serait pire qu'un affrontement inutile avec la Russie".

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