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Nigeria: un soldat tire en l'air près d'un gouverneur critiquant l'État

28/02/2014 08:19 EST | Actualisé 30/04/2014 05:12 EDT

SHUWA, Nigeria - Un soldat en colère a ouvert le feu, vendredi, à la suite de critiques contre l'armée par un gouverneur d'État dans une région du nord-est du Nigeria où près de 100 personnes ont été tuées cette semaine par des militants islamiques.

Le geste a provoqué une panique, certaines personnes se jetant dans des fossés pour se protéger, tandis que des voitures tentaient de s'échapper, alors que la foule croyait que le convoi du gouverneur Murtala Nyako, de l'État d'Adamawa, était attaqué par des extrémistes.

M. Nyako visitait la ville de Shuwa, où des résidants affirment que des soldats en nombre inférieur ont pris la fuite et les ont laissés à la merci de militants islamiques qui ont fait au moins 33 morts dans cette ville et des villages voisins, mercredi soir. De nombreux bâtiments ont été incendiés.

Des soldats se sont également inexplicablement retirés d'un point de contrôle protégeant une école, quelques heures avant qu'elle ne soit attaquée par des extrémistes ayant fait 59 morts, mardi, dans l'État voisin de Yobe.

Selon M. Nyako, des questions doivent trouver réponses auprès des autorités, qu'il s'agisse de l'armée ou des civils. Selon lui, contrairement aux affirmations des soldats, la situation entourant la sécurité se détériore, et le président Goodluck Jonathan «joue avec le destin du peuple» dans sa gestion de la crise. M. Nyako a laissé entendre qu'il pourrait y avoir de la collusion entre les militants du groupe Boko Haram et certains commandants ou politiciens de haut niveau.

Les plus récentes attaques surviennent alors que le Nigeria se prépare à des élections en février 2015, alors que les rumeurs d'une nouvelle candidature de M. Jonathan provoquent d'importantes défections au sein de son parti dans la foulée d'accusations voulant qu'il se débarrasserait d'une règle non écrite d'alternance entre un musulman du Nord et quelqu'un comme lui, un chrétien du Sud.

La colère et les critiques se multiplient alors que les attaques d'extrémistes ont été de plus en plus nombreuses et mortelles, en février. Plus de 300 personnes ont été tuées en février seulement.

Les plus récentes attaques ont eu lieu alors que des leaders africains et le président français François Hollande se trouvaient au Nigeria pour une conférence sur la sécurité humaine, la paix et le développement.

Des soldats s'étant confiés à l'Associated Press cette semaine se sont plaints du fait que même s'ils sont des dizaines de milliers à être envoyés sur le terrain, ils sont dispersés, se trouvent en infériorité numérique, et disposent d'armes moins importantes que celles des insurgés.

L'un d'entre eux s'est demandé comment ils devaient affronter des terroristes utilisant des canons antiaériens et des RPG lorsqu'ils ne disposent que d'armes automatiques.

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