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L'Autriche gèle les avoirs bancaires de 18 Ukrainiens

28/02/2014 02:17 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

L'Autriche, où de nombreux oligarques ont des intérêts, a gelé les avoirs de 18 Ukrainiens à la demande du pouvoir de transition à Kiev, a annoncé le ministère des Affaires étrangères vendredi matin à Vienne.

Les personnes concernées, dont le nom n'a pas été divulgué, sont soupçonnées d'atteintes aux droits de l'Homme et de corruption.

L'Union européenne avait décidé le 20 février de prendre des sanctions ciblées, y compris des interdictions de visas et des gels d'avoirs, contre une liste de personnalités proches du président ukrainien déchu Viktor Ianoukovitch, et soupçonnées d'avoir joué un rôle dans les violences à Kiev.

L'Autriche a expliqué vendredi vouloir prendre "une mesure de sécurité provisoire jusqu'à l'entrée en vigueur des mesures de l'UE".

La république alpine, qui est l'un des derniers bastions de résistance aux efforts entrepris en Europe pour améliorer la transparence des activités bancaires, est largement considérée à Kiev comme un havre financier pour les oligarques qui se sont enrichis dans l'entourage de M. Ianoukovitch.

Sebastian Kurz, le ministre autrichien des Affaires étrangères, avait décliné cette semaine une demande de la chaîne publique ORF de rendre publics les noms de personnes susceptibles d'être sanctionnées.

"Nous ne pouvons malheureusement pas donner les noms des personnes qui se trouvent sur cette liste (de l'UE, ndlr), mais il y a des noms dessus qui ont été régulièrement discutés dans les médias", avait-il expliqué.

Les noms de l'ancien Premier ministre ukrainien Mykola Azarov - qui s'était rendu brièvement à Vienne après sa démission en janvier -, et de l'ex-chef de l'administration présidentielle Andreï Kliouev sont régulièrement cités par la presse autrichienne pour les avoirs dont eux-mêmes ou leurs proches disposent dans le pays.

M. Kurz a argué vendredi que l'instruction donnée par le gouvernement à la Banque nationale autrichienne (OenB) offrait, sans attendre une décision définitive venant de Bruxelles, "une base juridique pour établir quels actifs se trouvent réellement en Autriche, et pour prévenir des abus".

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