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La Norvège réfléchit à une sortie de son fonds souverain des énergies fossiles

28/02/2014 03:39 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

La Norvège, producteur de pétrole majeur, va réfléchir à une sortie de son fonds souverain, le plus gros au monde, du capital des producteurs de sources d'énergie fossile, a annoncé la droite au pouvoir vendredi.

La coalition de droite, regroupant conservateurs et populistes, a conclu un accord avec deux alliés de centre droit prévoyant la mise en place d'un groupe d'experts indépendants chargés d'examiner les conséquences d'un désengagement de l'énorme fonds des producteurs de pétrole, gaz naturel et charbon.

Le panel devra présenter ses conclusions l'an prochain.

"Il est important d'éclairer ce dossier sous tous les angles avant de procéder à des changements", a souligné Svein Flaatten, un haut responsable du parti conservateur, la formation dominante du gouvernement.

Abondé par les revenus pétroliers de l'État, le fonds de pension public norvégien pèse plus de 610 milliards d'euros investis dans des actions, obligations et, dans une moindre mesure, dans l'immobilier hors de Norvège.

Destiné --malgré son nom trompeur-- à garantir l'avenir de l'État-providence, il détient environ 1,3% de la capitalisation mondiale totale, y compris dans de nombreuses compagnies pétrolières comme l'anglo-néerlandaise Shell, l'une de ses plus grosses participations financières.

L'idée de sa sortie des énergies polluantes est cependant débattue depuis que l'opposition travailliste a proposé, en décembre, la vente de ses parts dans les producteurs mondiaux de charbon, source d'énergie particulièrement "sale" en matière d'émissions de CO2.

Plus généralement, plusieurs experts critiquent la forte vulnérabilité du fonds par rapport aux énergies fossiles auxquelles il est doublement exposé: un plongeon des prix dans ce secteur entraînerait en effet à la fois une dégradation de ses rentrées --les pétro-dollars versés par l'État-- et du rendement de ses investissements.

La question est toutefois compliquée par le fait que la Norvège doit elle-même sa prospérité aux hydrocarbures qui représentent près d'un quart de son PIB.

L'État tire une grande partie de ses revenus de l'exploitation des gisements offshore et contrôle de surcroît une compagnie qui exploite des mines de charbon sur l'archipel du Svalbard (Spitzberg) dans l'Arctique.

phy/amp/ros

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