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Deuxième guerre mondiale: Tokyo réagit avec indifférence à une initiative chinoise

28/02/2014 02:24 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

Tokyo a répondu vendredi avec une certaine indifférence à l'initiative de Pékin de décréter deux jours de commémoration nationale, l'un pour le massacre de Nankin en 1937 par les troupes nippones, l'autre pour marquer la défaite du Japon en 1945.

"C'est une affaire intérieure chinoise, le gouvernement n'a donc pas de commentaire à faire", a simplement déclaré le secrétaire général du gouvernement, Yoshihide Suga.

La Chine a annoncé jeudi que le massacre de Nankin (1937) et la victoire contre le Japon lors de la Deuxième guerre mondiale (1945) seraient désormais célébrés par deux journées de commémoration nationale.

Selon l'agence Chine Nouvelle, le 3 septembre sera le jour officiel de commémoration de la victoire de la guerre sino-japonaise (1937-1945) et le 13 décembre celui de la commémoration du sac de la ville de Nankin.

La Chine chiffre à 300.000 le nombre des morts dans la vague de tueries, de viols et de destructions perpétrés par les militaires nippons durant les six semaines qui ont suivi leur entrée dans Nankin le 13 décembre 1937.

Selon des universitaires étrangers, le nombre de victimes serait toutefois nettement moins élevé. L'historien américain Jonathan Spence estime ainsi que 42.000 civils et militaires ont été tués et 20.000 femmes violées, dont beaucoup sont mortes par la suite.

"On ne peut que se poser la question : pourquoi décréter ces commémorations plus de 60 ans après la guerre ?", a poursuivi M. Suga.

"La position du Japon concernant la deuxième guerre mondiale n'a pas varié, et le Japon est engagé sur le chemin de la paix depuis la fin du conflit, une attitude largement saluée par la communauté internationale", a poursuivi le secrétaire général.

Pas un jour ne se passe en Chine sans que la presse officielle ou les autorités ne reviennent sur le passé militariste du Japon, en l'accusant de refuser d'accomplir un travail de mémoire douloureux sur les atrocités commises par son armée.

Les relations entre Pékin et Tokyo sont très dégradées depuis plus d'un an en raison principalement d'un différend territorial sur des îlots inhabités en mer de Chine orientale et de contentieux historiques.

La situation s'est encore détériorée après la visite du Premier ministre japonais Shinzo Abe le 26 décembre 2013 au sanctuaire Yasukuni, à Tokyo. Pour la Chine, ce lieu symbolise l'agression et l'occupation militaire nippones.

Dans ce sanctuaire shintoïste au coeur de Tokyo sont honorés des militaires morts pour le Japon, mais aussi 14 criminels de guerre condamnés après 1945.

Le Premier ministre japonais clame depuis lors que les voisins du Japon, Chine et Corée du Sud en tête, doivent comprendre la portée pacifiste de son déplacement qui signifiait l'engagement du Japon de ne "plus jamais" faire la guerre.

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