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Crise du bitcoin chez MtGox: le Japon va agir

28/02/2014 01:18 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

Le ministre nippon des Finances a prévenu vendredi que Tokyo allait agir face au problème de la plateforme de bitcoin MtGox basée au Japon, qui a plongé cette jeune monnaie virtuelle dans une crise inédite.

"Je pensais depuis longtemps que nous aurions à agir à un moment ou à un autre" vis-à-vis de cette monnaie créée en 2009 mais qui échappe pour l'instant à toute régulation, a expliqué Taro Aso lors d'une conférence de presse. "Mais je dois dire que ce moment est arrivé plus rapidement que prévu".

Le bitcoin est échangé et coté sur un certain nombre de plateformes situées au Japon, dans le cas de MtGox, mais aussi en Chine, à Hong Kong, en Europe et aux Etats-Unis. Mais MtGox, l'une des plus anciennes et des plus importantes, a cessé ses transactions le 7 février avant de vider mardi dernier le contenu de son site internet.

Ses clients craignent d'avoir perdu jusqu'à des centaines de milliers de dollars en bitcoins, sans savoir si MtGox a été victime d'un piratage informatique ou si cette plateforme est elle-même à l'origine de pratiques frauduleuses. Un document circulant largement sur l'internet a évoqué le vol de quelque 750.000 bitcoins, soit environ 430 millions de dollars au taux du bitcoin de jeudi dernier.

"Je pensais bien que ce genre de chose ne pouvait pas durer longtemps. Je pensais bien que ça allait s'écrouler à un moment", a ajouté M. Aso.

Le bitcoin, qui ne valait que quelques cents a sa création, a vu sa valeur s'envoler et culminer au-delà de mille dollars à la fin de l'année dernière. Sur les plateformes où il restait coté (c'est à dire toutes, sauf MtGox), il valait autour de 575 dollars jeudi vers 05H00 GMT, à peine changé depuis la veille.

Les autorités japonaises ont demandé aux services de surveillance financière et à la police d'enquêter sur l'affaire MtGox, mais se trouvent relativement désemparées face au phénomène bitcoin, dont l'objet même consiste à se développer en dehors des systèmes de régulations habituels.

La présidente de la banque centrale américaine (Fed), Janet Yellen, a ainsi souligné jeudi que la Fed n'avait "pas d'autorité sur le bitcoin", ajoutant qu'il n'était "pas facile de réglementer" cette monnaie virtuelle qu'elle a qualifiée "d'outil innovant de paiement qui a pris sa place en dehors du système bancaire".

"Il serait certainement opportun pour le Congrès (américain) de poser des questions sur le cadre légal qui serait approprié pour ces monnaies virtuelles, lesquelles engagent des intervenants non traditionnels hors de toute réglementation", a ajouté Mme Yellen.

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