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Chypre: remaniement ministériel dans 15 jours

28/02/2014 08:24 EST | Actualisé 30/04/2014 05:12 EDT

Le président chypriote Nicos Anastadiades va présenter un nouveau gouvernement à la mi-mars après la décision du parti centriste Diko de quitter la coalition sur fond de désaccord sur la reprise des pourparlers avec la partie turque, a indiqué vendredi un porte-parole.

Les onze ministres du gouvernement ont présenté leur démission vendredi pour permettre au président conservateur de procéder à un remaniement plus large mais M. Anastasiades leur a demandé de rester à leur poste au moins jusqu'au 15 mars.

Cette crise politique intervient alors que le gouvernement doit également faire face à un blocage parlementaire pour l'adoption d'une loi sur les privatisations dont l'adoption est cruciale pour le versement d'une nouvelle tranche de l'aide internationale obtenue par l'île au bord de la faillite il y a un an.

"Lors d'une réunion d'urgence du gouvernement, la totalité de ses membres ont présenté leur démission au président de la République à la suite de la décision du parti démocrate" (Diko), a indiqué à la presse le porte-parole du gouvernement Christos Stylianides.

"Le président a demandé aux ministres de rester à leur poste au moins jusqu'au 15 mars en raison de ses engagements à venir à l'étranger et notamment son départ pour Dublin la semaine prochaine", a-t-il ajouté.

Les responsables du Diko avaient décidé dans la nuit de mercredi à jeudi, par 97 voix contre 81, de se retirer du gouvernement.

Le parti centriste détenait quatre portefeuilles: l'Energie, l'Education, la Défense et la Santé.

Le chef du Diko, Nicos Papadopoulos, est opposé à la déclaration commune adoptée par les leaders chypriotes turcs et grecs le 11 février, qui a marqué la reprise des négociations après deux ans de suspension. Il estime qu'elle prépare une solution à deux Etats et non une solution fédérale, et accuse le président d'avoir fait trop de concessions.

Le parti conservateur au pouvoir Disy et le parti communiste d'opposition Akel, sont tous deux favorables aux efforts de paix menés sous l'égide de l'ONU.

Jeudi, un négociateur chypriote-grec a eu des entretiens en Turquie tandis que son homologue chypriote-turc a rencontré des responsables en Grèce, une première en cinq décennies d'efforts de réconciliation menés sous l'égide de l'ONU.

Chypre est divisée depuis l'invasion turque de 1974, menée en réaction à une tentative de coup d'Etat qui visait à rattacher l'île à la Grèce. Les discussions déjà poussives après l'échec d'un premier accord rejeté par les Chypriotes-grecs en 2004, étaient suspendues depuis 2012.

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