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USA: l'hiver va marquer son empreinte sur la vitalité de l'économie (Fed)

27/02/2014 03:24 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

L'hiver dur et prolongé aux Etats-Unis marque son empreinte sur l'économie américaine mais ne devrait pas faire dérailler à ce stade le cours de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed), a affirmé jeudi la présidente de la Fed, Janet Yellen.

Lors de sa seconde audition à deux semaines d'intervalle devant le Congrès américain, Janet Yellen a estimé que les dures conditions hivernales jetaient un froid sur la reprise.

"Nous avons constaté des données économiques quelque peu affaiblies depuis un mois à six semaines", a noté la nouvelle présidente de la Fed. "Il y a eu les chiffres de l'emploi, relativement faibles, avec des créations d'emplois en-dessous des attentes", a-t-elle ajouté, signalant aussi un ralentissement sur le marché immobilier, dans les dépenses des ménages et la production industrielle.

"Maintenant, je crois qu'il est clair que le temps inhabituellement froid a joué un rôle pour une grande part", a poursuivi Mme Yellen, assurant que la Fed resterait "très attentive aux signaux indiquant si la reprise se poursuit comme prévu".

Les créations d'emplois de janvier (113.000) et de décembre (75.000) ont été très décevantes, alors que la première économie mondiale avait créé 194.000 emplois de plus qu'elle n'en a détruit chaque mois en moyenne en 2013.

Pour janvier également, les ventes de logements anciens, qui représentent 80% des transactions immobilières, sont tombées à leur plus faible niveau en 18 mois. Le froid et les tempêtes à répétition ont également affecté les départs de chantiers immobiliers, en recul de 16%.

- "Pas de conclusion hâtive" -

Un des moteurs de la consommation, les ventes au détail, sont dans le rouge depuis deux mois tandis que la production manufacturière a marqué le pas pour la première fois depuis l'été (-0,8%).

Ce ralentissement pourrait encore peser sur les données économiques du mois de février, où le mauvais temps s'est encore prolongé.

Cela pourrait-il conduire la Fed à faire une pause dans la réduction de son aide à l'économie, se sont interrogés les sénateurs. "Je ne veux pas tirer de conclusion hâtive", a affirmé Mme Yellen tout en répétant que les achats d'actifs de la Fed "n'étaient pas prédéterminés", mais qu'il faudrait "un changement significatif" pour faire dévier la politique monétaire de son cap.

Confiante en la reprise de l'économie, la Fed a commencé en décembre à réduire progressivement ses injections de liquidités dans le système financier, qui se situent actuellement à 65 milliards de dollars par mois et devraient se tarir "vers l'automne".

"Ce que nous devons faire dans les prochaines semaines c'est essayer de mieux évaluer ce qui relève du mauvais temps et ce qui relève d'un ralentissement", a-t-elle conclu.

Les propos de Mme Yellen ont été interprété comme un signal de continuité de la politique monétaire de la Fed. "La Fed semble avoir mis la barre haut pour une éventuelle modification de la réduction de son aide et nous prévoyons qu'elle continuera à réduire ses achats d'actifs", résumait Michael Gapen, analyste chez Barclays Research.

Mme Yellen a par ailleurs rappelé que le marché de l'emploi et l'inflation (1,1%, selon l'indice PCE) étaient bien en-dessous des objectifs de la Fed. Dans ces conditions, il y a "une ample marge pour continuer à promouvoir le plein emploi" et conserver les taux d'intérêts proches de zéro "bien après" le déclin du taux de chômage à 6,5%, a assuré Mme Yellen.

Elle a aussi redit que le taux de chômage, actuellement de 6,6%, n'était pas "un indicateur suffisant de la santé du marché de l'emploi", mentionnant plutôt un taux de 13% qui inclut les travailleurs ayant renoncé à chercher un emploi et ceux qui travaillent à temps partiel faute de trouver mieux.

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