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Une nouvelle attaque fait 33 morts au Nigeria; les soldats s'enfuient

27/02/2014 01:16 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

YOLA, Nigeria - Au moins 33 personnes ont été tuées jeudi, dans le nord-est du Nigeria, quand des militants islamistes ont attaqué cinq villages et une ville après que les soldats gouvernementaux aient abandonné leurs positions pour s'enfuir dans la jungle.

Une école religieuse a aussi été incendiée dans la nuit de mercredi à jeudi.

Plus tôt cette semaine, des militants avaient tué 59 étudiants lors d'une attaque lancée contre une école de l'État du Yoba, quelques heures après que les soldats aient été mystérieusement retirés du point de contrôle mis en place pour protéger l'institution.

Ces violences surviennent alors que le gouvernement nigérian est condamné par la communauté internationale pour son incapacité à écraser l'insurrection islamiste, même si un état d'urgence a été imposé il y a neuf mois.

«Il est bizarre qu'un tel chaos puisse persister en dépit d'un état d'urgence pendant lequel les responsables de la sécurité sont en état d'alerte», a dénoncé mercredi le président du Sénat nigérian, David Mark, dans un communiqué où il estime que ces attaques représentent une «déclaration de guerre».

Pour sa part, le gouverneur de l'État du Yobe, Murtala Hammanyero Nyako, a furieusement évoqué une collusion avec le réseau terroriste Boko Haram.

«Ou bien c'est contrôlé par des inconnus, ou des commandants de Boko Haram au sein du système de défense, ou bien c'est une mise en scène», a-t-il déclaré à l'Associated Press. Lors d'une attaque lancée contre une grande base aérienne l'an dernier, a-t-il ajouté, les soldats n'ont répliqué qu'une fois tous les appareils détruits.

L'armée nigériane a admis avoir arrêté des soldats soupçonnés d'aider les militants. Un sénateur a lui aussi été mis en accusation.

La plus récente attaque a été lancée mercredi soir dans le village de Kirchinga, dans l'État d'Adamawa, près de la frontière avec le Cameroun. Des insurgés qui prenaient place à bord de 13 camions ont ouvert le feu en lançant des bombes incendiaires sur des huttes de paille. Les villageois se sont enfuis, mais les insurgés les ont pourchassés jusqu'à la ville voisine de Shuwa.

«Quand les soldats aux points de contrôle ont vu le nombre d'attaquants, ils se sont réfugiés dans la jungle pendant que les militants agissaient à leur guise toute la nuit», a dit un pasteur de Shuwa. Des banques ont été incendiées, tout comme un commissariat de police, un séminaire et les résidences de plusieurs habitants bien en vue.

Des survivants affirment qu'au moins 33 personnes ont été tuées à Kirchinga et Shuwa, mais ce bilan s'alourdira certainement quand on recensera les victimes des autres villages.

Le gouverneur Nyako, un ancien chef d'état-major de la marine, affirme que ces attaques tournent en ridicule le président Goodluck Jonathan, qui prétend que l'armée remporte la guerre contre les militants islamistes.

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