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Un missionnaire sud-coréen prisonnier au Nord dit être un espion

27/02/2014 04:40 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Un missionnaire sud-coréen arrêté l'automne dernier en Corée du Nord a affirmé jeudi, lors d'une conférence de presse à Pyongyang, travailler pour les services secrets sud-coréens, une confession publique à laquelle doivent se soumettre les prisonniers étrangers du Nord.

Vêtu d'un costume sombre et apparemment en bonne santé, Kim Jeong-Wook a lu un communiqué qui détaillait plusieurs activités "anti-gouvernementales", selon des images de cette conférence de presse retransmises à la télévision du Sud. Aucune question n'a été posée.

Les étrangers arrêtés en Corée du Nord doivent souvent se soumetttre à une confession publique avant de pouvoir espérer être libérés.

"Je pensais que le régime actuel (du Nord) devait être défait et j'ai agi (...) sous la direction des services de renseignements (sud-coréens)", a déclaré l'homme.

Lors de son arrestation en octobre, Pyongyang avait simplement déclaré avoir arrêté "un espion" du Sud et avait longtemps refusé de révéler l'identité du prisonnier.

Il est ensuite apparu qu'il s'agissait de Kim Jeong-Wook, un missionnaire baptiste de 50 ans, qui s'occupait depuis sept ans de transfuges nord-coréens passés en Chine, près de la frontière avec la Corée du Nord.

Il était passé au Nord pour avoir des informations sur des transfuges arrêtés par les autorités chinoises qui les avait renvoyés chez eux.

Séoul a réagi à ces images télévisés en appelant Pyongyang à libérer le prisonnier.

Des proches de Kim ont écarté l'idée qu'il était un espion. "Tout le travail qu'il faisait était puremnt humanitaire", a déclaré à l'AFP Ju Dong-Shik, un de ses camarades et activiste comme lui.

La semaine dernière, un missionnaire australien vivant à Hong Kong avait été arrêté en Corée du Nord, lors d'un voyage touristique. Selon un Chinois qui l'accompagnait et qui n'a pas été arrêté par les forces de sécurité nord-coréennes, John Short, 75 ans, aurait déposé des prospectus chrétiens dans un temple.

La liberté de religion est officiellement permise au Nord mais dans les faits, elle est limitée aux groupes reconnus par les autorités et liés au pouvoir.

L'Australie a indiqué jeudi n'avoir aucune information sur John Short. "Nous n'avons rien entendu sur M. Short. Nous ne savons rien des conditions dans lesquelles il est détenu", a déclaré Justin Brown, responsable des consulats au ministère des Affaires étrangères.

La Corée du Nord détient également, depuis plus d'un an, l'Américain d'origine nord-coréenne Kenneth Bae.

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