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Ukraine: le responsable des Tatars de Crimée dénonce un "plan de Moscou"

27/02/2014 08:55 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

Le responsable des Tatars de Crimée a dénoncé jeudi un "plan de Moscou" après qu'un commando pro-russe a pris le contrôle du parlement à Simféropol, capitale de la république autonome de Crimée, dans le sud de l'Ukraine.

"Tout ce qui se passe actuellement en Crimée (...), cela n'aurait pas pu se produire sans le soutien des responsables politiques russes. C'est pourquoi je considère que le plan actuellement mis en oeuvre en Crimée, c'est le plan de Moscou", a déclaré à l'AFP le président du Medjlis, l'assemblée représentant les Tatars de Crimée, Rifat Tchoubatov.

Il a qualifié de "terroristes" les membres du commando armé qui s'est emparé jeudi matin à Simféropol du parlement de Crimée, hissant un drapeau russe sur sa façade.

La Crimée, peuplée majoritairement de russophones, est la région d'Ukraine la plus susceptible de s'opposer aux nouvelles autorités en place à Kiev après le renversement de Viktor Ianoukovitch la semaine dernière, et dans cette région les pro-russes réclament la tenue d'un référendum sur le statut de la Crimée.

Les Tatars, une communauté de tradition musulmane installée depuis le XIIIe siècle en Crimée, représentent 12% des 2 millions d'habitants de cette région d'Ukraine peuplée majoritairement de Russes.

Déportés en Sibérie et en Asie centrale sous Staline, puis revenus en Crimée après la chute de l'URSS et l'indépendance de l'Ukraine en 1991, les Tatars ont activement soutenu la contestation anti-Ianoukovitch.

La Crimée, qui avait d'abord appartenu, au sein de l'URSS, à la Russie, a été rattachée à l'Ukraine en 1954. Elle continue d'héberger la flotte russe de la mer Noire dans ses quartiers historiques, la ville portuaire de Sébastopol.

La Russie a assuré jeudi qu'elle respectait les accords signés avec l'Ukraine sur la flotte russe de la mer Noire, après une mise en garde de Kiev contre la tentation de toute intervention alors que la Crimée est le théâtre de troubles.

Mercredi, de brefs affrontements ont opposé des manifestants pro-russes et des partisans des nouvelles autorités ukrainiennes à Simféropol, alors que le chef du parlement local excluait tout débat sur une éventuelle sécession.

Le corps d'un homme, apparemment mort d'une "crise cardiaque" et ne portant pas de signes de violences, avait été trouvé près du parlement après ces heurts.

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