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Tunisie: un local d'Ennahda et un tribunal partiellement incendiés

27/02/2014 06:54 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

Des heurts ont de nouveau opposé jeudi la police à des manifestants protestant contre un concours de recrutement à Métlaoui, dans le centre de la Tunisie, où le local du parti islamiste Ennahda et un tribunal ont été partiellement incendiés.

Les manifestants ont bloqué dans la journée des routes avec des pneus enflammés et ont lancé des pierres sur la police qui a répliqué par du gaz lacrymogène, a rapporté un correspondant de l'AFP sur place.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, le local d'Ennahda et un tribunal avaient été en partie incendiés par les protestataires.

Il s'agissait de la deuxième nuit consécutive de violences dans cette ville de la région de Gafsa, stratégique par ses mines de phosphates mais où la grogne sociale due du chômage dégénère régulièrement. Dans la nuit de mardi à mercredi, des manifestants avaient déjà mis le feu à un poste de police.

La police ainsi que des unités de l'armée se sont positionnées devant des installations publiques.

Les heurts ont éclaté après que les autorités ont commencé à annoncer les résultats du concours de recrutement d'une société publique travaillant dans le secteur de l'environnement, dont les protestataires s'estiment injustement écartés.

Les résultats de ce type de concours déclenchent régulièrement des affrontements entre candidats malheureux et policiers. De nouveaux résultats de concours sont attendus dans les jours à venir, ce qui laisse craindre de nouvelles violences.

La région de Gafsa est stratégique pour la Tunisie en raison de ses mines de phosphates, mais reste parmi les plus pauvres du pays. Elle avait été le théâtre en 2008 d'une insurrection nourrie par la pauvreté et réprimée dans le sang par le régime déchu de Zine El Abidine Ben Ali.

Depuis la révolution de janvier 2011, la production minière y est à 30% de ses capacités en raison de nombreux mouvements sociaux et malgré l'embauche de milliers de personnes pour tenter de juguler la grogne sociale.

La révolution tunisienne a été largement nourrie par la misère et le chômage. Mais déstabilisée par une crise politique et des conflits sociaux à répétition, l'économie du pays n'a pas redémarré, si bien que le chômage touche toujours plus de 15% de la population active et plus de 30% des jeunes diplômés.

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