NOUVELLES

Pour la première fois depuis 2002, une poignée de visiteurs dans la grotte d'Altamira

27/02/2014 07:35 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

En file indienne, vêtus de combinaisons blanches, masques sur le visage, ils étaient cinq visiteurs jeudi midi à pénétrer dans les entrailles de la grotte préhistorique d'Altamira, dans le nord de l'Espagne, fermée au public depuis douze ans, pour admirer ses célèbres peintures rupestres.

"La sensation est beaucoup plus forte ici que dans la réplique. Même si les peintures sont très semblables", témoignait Carolina Pardo, une étudiante en droit venue du sud de l'Espagne, en émergeant tout sourire de la grotte après cette expédition de 37 minutes.

La jeune fille était l'un des cinq visiteurs du site, où les touristes peuvent admirer une réplique de la grotte, tirés au sort pour cette première visite expérimentale.

"La différence, c'est l'émotion du lieu. La réplique est semblable, mais ici il y a les jeux de lumière, qui créent du mystère. Et quand l'on sait que c'est le lieu original, c'est une émotion irremplaçable", ajoutait l'un de ses compagnons.

"Cela donne la chair de poule", lançait Andrea Vicente, une autre exploratrice en herbe, "très émue".

Les cinq visiteurs et leurs deux accompagnateurs avaient pénétré à la mi-journée dans la grotte avant de fermer derrière eux la petite grille d'accès verte.

Pendant 37 minutes, respectant des consignes très précises, ils ont parcouru la galerie souterraine, classée au patrimoine de l'Unesco, découvrant ses peintures rupestres polychromes parmi les plus précieuses d'Europe.

L'expérience, destinée à mesurer l'impact de la présence humaine sur le site, se renouvellera chaque semaine, jusqu'au mois d'août. 192 personnes auront alors visité la grotte d'Altamira et un bilan sera tiré.

La grotte située à Santillana del Mar, en Cantabrie, avait été fermée au public en 2002, après la découverte de micro-organismes qui détérioraient ses peintures préhistoriques polychromes.

En janvier, la fondation qui gère le site avait décidé de sa réouverture à titre expérimental.

Avant de s'enfoncer dans la grotte, les visiteurs ont été informés des règles à respecter, avec interdiction de toucher la roche ou de prendre des photos.

Durant les visites, des contrôles seront effectués de "la température de l'air et de la roche, de l'humidité de l'air, de la contamination microbiologique, des eaux d'infiltration, de la teneur en CO2 notamment", avait expliqué le ministère de la Culture.

La grotte d'Altamira, découverte en 1868 et qui fut habitée il y a entre 35.000 et 13.000 ans, contient l'un des ensembles picturaux majeurs de la préhistoire, qui s'étend sur plus de 270 mètres de long.

La partie la plus célèbre est la grande salle aux bisons, peinte il y a au moins 14.000 ans: on peut y admirer des bisons rouges et jaunes, mais aussi des chevaux, des cerfs, des humains à tête d'animal et des signes mystérieux.

Depuis sa fermeture en septembre 2002, les visiteurs ont dû se contenter d'une réplique exacte reconstituée à proximité. Depuis dix ans, seuls des scientifiques ont pu accéder à la grotte.

Avant cette fermeture, sur recommandation du Conseil supérieur des recherches scientifiques (CSIC), le site avait été une première fois interdit au public en 1977, avant de rouvrir en 1982 avec un régime de visites limitées.

elc-sg/ros

PLUS:hp