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L'armée syrienne se prépare à un assaut contre Yabroud (journal)

27/02/2014 08:52 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

L'armée syrienne se prépare à un assaut contre Yabroud, un bastion rebelle stratégique au nord de Damas, a affirmé jeudi un quotidien proche du pouvoir, alors que l'opposition dénonçait un "massacre" de civils près de Damas mercredi.

Des militants anti-régime ont fait état de bombardements et de combats. Ces informations sur des affrontements aux alentours de cette localité située près de la frontière libanaise surviennent au lendemain de la journée la plus sanglante dans les rangs des combattants des deux camps depuis le début de la révolte il y a trois ans, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

D'après le journal al-Watan, "l'armée se prépare à une nouvelle étape" de son offensive contre la région montagneuse de Qalamoun, dont Yabroud est la principale agglomération.

Les troupes loyales à Bachar al-Assad "se sont emparées de deux collines stratégiques qui dominent Yabroud et elles progressent chaque jour", assure le journal, en précisant que les rebelles utilisaient ces hauteurs pour acheminer du matériel.

L'armée syrienne, épaulée par le mouvement chiite libanais Hezbollah, a lancé en novembre une offensive pour conquérir cette région stratégique. Elle s'est emparée de plusieurs localités mais Yabroud a résisté jusqu'à présent aux assauts.

L'OSDH a fait état de combats contre les rebelles aux alentours de Yabroud.

Amer, un militant de la région de Qalamoun, a confié à l'AFP, via internet, que "la nuit dernière, les bombardements ont été intenses". Il s'est dit confiant que les rebelles parviennent à défendre Yabroud contre une offensive terrestre.

La ville est la cible de raids aériens et de l'artillerie depuis début février, et la majorité des civils ont fui.

Avant le début du soulèvement en mars 2011, Yabroud comptait environ 30.000 habitants, dont 90% de sunnites et 10% de chrétiens.

A Homs (centre), cinq personnes ont été tuées et 13 autres blessées dans une attaque au mortier "lancée par les terroristes" contre le quartier d'Akramé à majorité alaouite (la confession du président Assad), a indiqué la télévision officielle syrienne, qui qualifie l'ensemble des insurgés de "terroristes".

Selon l'OSDH, mercredi a été la journée le plus meurtrière parmi les combattants depuis trois ans. L'ONG a affirmé que 326 belligérants avaient péri, dont 242 rebelles, parmi lesquels 33 jihadistes.

L'agence officielle Sana avait fait état de plus de 175 combattants islamistes rebelles, dont des "Saoudiens, des Qataris et des Tchétchènes", tués lors de cette journée dans une embuscade tendue par l'armée dans la Ghouta orientale, à l'est de la capitale.

Mais jeudi, Monzer Akbik, un conseiller du chef de la Coalition de l'opposition syrienne, Ahmed Jarba, a parlé d'un "bain de sang de civils" à cet endroit, une des places fortes de la rébellion.

"110 personnes désespérées et mourant de faim tentaient de fuir la Ghouta orientale", a-t-il dit, faisant état d'une "majorité de civils: des gens blessés, âgés". Selon lui, "ils ont été pris dans une embuscade et ont été massacrés", par les forces du régime et du Hezbollah.

Dans la province de Hassaka, où habitent de nombreux Kurdes, des jihadistes ont détruit jeudi un mausolée soufi alors qu'ils avançaient vers le village de Tal Maarouf, ont indiqué des militants. Des combattants de l'Etat islamique d'Irak et du Levant (EIIL) "ont fait exploser le mausolée, et brûlé une mosquée ainsi qu'un commissariat de police", a déclaré Massoud Akko, un journaliste kurde originaire de cette province, citant des habitants.

Rebelles les plus radicaux, les membres de l'EIIL sont partisans d'un islam rigoriste et considèrent comme une apostasie le soufisme, qui est une interprétation philosophique de l'islam.

La guerre en Syrie a causé la mort de plus de 140.000 personnes et déplacé des millions d'autres.

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