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France: la justice acquitte un curé accusé du viol d'une paroissienne

27/02/2014 03:23 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

La justice française a acquitté jeudi un prêtre de 69 ans accusé de viol et agressions sexuelles en 2010 sur une paroissienne très pieuse et vulnérable, une affaire qui a valu à cette dernière l'opprobre de son village, désormais sans curé.

"La cour a estimé qu'au vu du dossier, elle ne pouvait pas savoir ce qui s'était réellement passé", ont déclaré les avocats du père Daniel Lagnien à l'issue du procès qui s'est tenu à huis clos. "Après quatre ans de procédure, c'est un grand soulagement et une libération pour M. Lagnien", ont-ils commenté.

L'ancien curé de Moirans-en-Montagne, dans le Jura (est), comparaissait depuis mercredi en cour d'assises pour viol et agressions sexuelles à l'encontre d'une femme de 39 ans, qui souffre de troubles psychologiques et de problèmes physiques.

L'avocat général Guillaume Michel avait requis cinq ans de prison, dont trois avec sursis, à l'encontre du prêtre, estimant que la culpabilité de l'accusé ne faisait "pas de doute", et que la victime n'était "pas consentante".

"Nous avons quelqu'un de malade physiquement et psychologiquement, qui vit en vase clos et qui est reconnue comme étant invalide", avait dit l'avocat général. "Mais tout ça ne fait pas qu'elle a dit oui, c'est une victime qui n'a pas su se défendre", selon lui.

Il avait également souligné que l'accusé avait "varié dans ses déclarations". Le père Lagnien avait en effet reconnu le viol lors de sa garde à vue, avant d'affirmer qu'il n'avait pas forcé sa paroissienne à avoir une relation sexuelle.

La victime, qui a fui les regards du public et de son agresseur présumé durant le procès, était catégorique: c'était un viol.

"Elle l'a dit avec force, sans jamais varier dans ses déclarations", avait déclaré son avocate Me Aurélie Degournay.

En juin 2010, lors d'un pèlerinage en Isère, le prêtre avait fait des avances appuyées à cette femme dont la vie était centrée sur la religion, tentant de l'embrasser à plusieurs reprises en lui caressant les cuisses et le sexe.

Quelques jours plus tard, elle s'était rendue au domicile du prêtre à Moirans-en-Montagne, pour clarifier la situation et lui exposer son refus d'entretenir une relation. C'est là que le prêtre l'avait, selon elle, entraînée dans sa chambre et violée.

De son côté, le père Lagnien a assuré qu'il la croyait consentante et que ce n'était donc "pas un viol".

Le prêtre avait déjà eu des relations sexuelles consentantes avec d'autres femmes. Selon lui, étant prêtre diocésain et non moine, il avait l'obligation de célibat, mais n'avait pas fait voeu de chasteté.

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