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Crimée: des hommes armés contrôlent des bâtiments officiels

27/02/2014 02:29 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Plusieurs dizaines d'hommes armés ont pris tôt jeudi le contrôle du siège du gouvernement et du Parlement de Crimée, péninsule russophone du sud de l'Ukraine, sur lesquels ils ont hissé le drapeau russe, a appris l'AFP de source officielle.

Une cinquantaine d'hommes, équipés d'"armes modernes", sont arrivés au cours de la nuit et empêchaient jeudi les employés d'entrer dans les bâtiments, a déclaré à l'AFP le Premier ministre de Crimée, Anatoli Mohilyov.

Les autorités locales s'apprêtent à "prendre des mesures", a-t-il ajouté sans plus de précisions.

Le ministre ukrainien de l'Intérieur par intérim, Arsen Avakov, a pour sa part annoncé la mise en alerte de l'ensemble de la police, dont les forces spéciales.

Cette mesure, avec l'encerclement du quartier du parlement à Simféropol par les forces de l'ordre, est destinée à éviter "un bain de sang parmi la population civile" et "l'évolution de la situation en affrontements armés", a indiqué M. Avakov sur sa page Facebook.

"Les provocateurs sont en marche", a-t-il ajouté. Il faut garder "la tête froide".

La Crimée, peuplée majoritairement de russophones, est la région d'Ukraine la plus susceptible de s'opposer aux nouvelles autorités en place à Kiev après le renversement de Viktor Ianoukovitch la semaine dernière.

Selon un journaliste de l'AFP présent à Simféropol, les locaux ont été barricadés et sont encerclés par la police, qui repousse les curieux.

La Crimée, qui a d'abord appartenu, au sein de l'URSS, à la Russie, avait été rattachée à l'Ukraine en 1954. Elle continue d'héberger la flotte russe de la mer Noire dans ses quartiers historiques, la ville portuaire de Sébastopol.

Les pro-russes réclament la tenue d'un référendum sur le statut de la Crimée, dans le sud de l'Ukraine, en proie à des tensions séparatistes qui se sont accrues depuis la destitution la semaine dernière du président Viktor Ianoukovitch.

Mercredi, de brefs affrontements ont opposé des manifestants pro-russes et des partisans des nouvelles autorités ukrainiennes à Simféropol, alors que le chef du parlement local excluait tout débat sur une éventuelle sécession.

Plus de 5.000 personnes s'étaient regroupées mercredi devant le parlement de Crimée, Tatars d'un côté, les plus nombreux, pro-russes de l'autre, selon un journaliste de l'AFP.

Le corps d'un homme, apparemment mort d'une "crise cardiaque" et ne portant pas de signes de violences, avait été trouvé près du parlement après ces heurts.

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