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Colombie: l'ELN reconnaît avoir attaqué par erreur une candidate à la présidentielle

27/02/2014 05:16 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

La guérilla de l'ELN (Armée nationale de libération) a reconnu jeudi avoir attaqué la caravane électorale d'une candidate présidentielle de gauche en Colombie, et présenté ses excuses, invoquant un "incident".

Une des voitures de la caravane d'Aida Avella, candidate de l'Union patriotique (UP), avait été la cible de coups de feu, sans faire de blessé, le 23 février dernier lors d'un déplacement électoral dans la province d'Arauca, une région frontalière avec le Venezuela où opèrent de nombreux groupes illégaux.

"Nous sommes profondément désolé de cet incident et nous demandons des excuses à la candidate", a déclaré le commandement de l'ELN, affirmant qu'il prendrait "les mesures nécessaires pour que ce type de choses ne se reproduisent plus".

Selon la guérilla communiste, la seconde après celle des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), l'incident a eu lieu lorsque la caravane a refusé de s'arrêter à un point de contrôle qui visait à "vérifier la raison de sa présence".

"Au lieu de s'arrêter, des coups de feu ont été tirés à plusieurs reprises contre des guérilleros depuis l'intérieur d'un des véhicules", a expliqué le mouvement de rébellion, rappelant que la région est régulièrement le théâtre d'affrontement avec les forces de l'ordre.

Le gouvernement avait désigné l'ELN comme responsable de cette agression, tandis que la candidate avait incriminé des "secteurs militaires", appelant à un rassemblement contre la violence politique vendredi prochain.

L'attaque de la candidate survient alors que plusieurs dirigeants de gauche, dont Mme Avella, ont reçu des menaces de morts, émanant d'une bande criminelle composée en partie de membres d'anciennes milices paramilitaires d'extrême droite.

Fondée dans les années 80 lors d'une première tentative de négociations avec les Farc, l'UP a été victime à cette époque d'une vague d'assassinats, ayant causé la mort de plusieurs milliers de militants et élus.

Fondées dans les années 1960, l'ELN et les Farc, plus anciens mouvements rebelles d'Amérique latine, comptent encore respectivement 2.500 et près de 8.000 combattants selon les autorités. Les Farc mènent depuis novembre 2012 des négociations de paix délocalisées à Cuba, tandis que l'ELN s'est déclarée prête à des discussions au cours des derniers mois.

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