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Charbonneau: Rambo ne veut pas de demi-bataillon pour partir à la guerre

27/02/2014 09:53 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Bernard «Rambo» Gauthier a défendu devant la Commission Charbonneau, jeudi, sa volonté d'avoir le plus de membres possible sur la Côte-Nord par le fait qu'il voulait être équipé pour la guerre qu'il lui faut mener.

«Si tu vas à la guerre avec un demi-bataillon, tu ne la gagneras pas ta guerre. Si tu vas à la guerre avec un bataillon complet, tu la gagnes ta guerre ou, en tout cas, tu as beaucoup de chances de la gagner», a-t-il répondu, jeudi, au commissaire Renaud Lachance.

Le commissaire lui avait demandé si, au-delà du montant d'argent versé à la FTQ-Construction par les cotisations syndicales en plus qu'il a amenées provenant de la Côte-Nord, il y avait aussi une question de pouvoir derrière ce membership accru.

Il semble donc qu'il s'agisse d'une question de pouvoir plus que d'une question d'argent provenant des cotisations syndicales. De fait, la section locale de M. Gauthier sur la Côte-Nord n'a que 600 membres, alors que la FTQ-Construction en a 75 000. Le témoin a admis qu'il s'agissait d'une question de «rapport de forces».

Le représentant de la section locale des opérateurs de machinerie lourde sur la Côte-Nord a d'ailleurs noté que ça ne fait que deux ou trois ans que dans la région, le syndicat fait ses frais. Auparavant, il perdait de l'argent.

Par ailleurs, le témoin a aussi défendu le principe de la livraison de soupe chaude aux travailleurs de La Romaine, tel que l'avait révélé un précédent témoin devant la commission d'enquête.

Il a soutenu qu'une telle soupe est simplement réconfortante pour des ouvriers qui travaillent à l'extérieur et au froid et qui ne disposent que d'une demi-heure pour le lunch.

Il a d'ailleurs souligné que la coutume ne venait pas d'une exigence de la FTQ-Construction, mais plutôt de la CSN-Construction, à l'époque du chantier hydroélectrique de la Manic, où la livraison de soupe était généralisée.

«La soupe, c'est pas un bonus. C'est réconfortant une bonne soupe après deux ou trois mois dans le bois», a commenté M. Gauthier.

Contre-interrogé par l'avocat de la FTQ-Construction, Me Robert Laurin, M. Gauthier a par ailleurs indiqué qu'il était un Innu de Pessamit. C'est aussi pour cette raison qu'il s'est battu pour leur embauche sur les chantiers, a-t-il mentionné.

Par ailleurs, il a apprécié une suggestion du commissaire Renaud Lachance voulant qu'un donneur d'ordre doive indiquer dans son appel d'offres un pourcentage minimum d'employés de la région qu'un entrepreneur serait tenu d'employer.

«C'est pas fou comme idée», a opiné M. Gauthier, qui a terminé son témoignage.

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