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Yémen: l'ONU menace de sanctions ceux qui bloquent la transition démocratique

26/02/2014 10:27 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté mercredi à l'unanimité une résolution prévoyant des sanctions contre les partisans de l'ancien régime au Yémen qui tentent de bloquer la transition politique.

Cette résolution, parrainée notamment par le Royaume-Uni, la France et les États-Unis, instaure "pendant une période initiale d'un an" un régime de sanctions, géré par un comité dépendant du Conseil de sécurité.

Ce comité, assisté de trois experts, sera chargé de nommer les perturbateurs et de les frapper d'une interdiction de voyager et d'un gel de leurs avoirs.

Les individus ou entités visés seront ceux qui "font obstacle ou affaiblissent la mise en oeuvre complète de la transition politique" au Yémen, qui se livrent à des "attaques contre des infrastructures essentielles ou à des actes de terrorisme", et qui violent les droits de l'homme et les lois humanitaires internationales.

L'ancien président Ali Abdallah Saleh, souvent mis en cause, y compris dans une précédente déclaration du Conseil le 15 février 2013, n'est pas désigné nommément et le texte ne vise aucune personne ou entité en particulier. Mais dans son préambule, la résolution souligne que "le processus de transition exige de tourner la page de la présidence de Ali Abdallah Saleh".

Le Conseil "salue les récents progrès de la transition politique au Yémen et exprime son ferme soutien à la poursuite des étapes de cette transition". Il s'inquiète aussi des "graves violations des droits de l'homme" commises dans les gouvernorats nord et sud du pays, encourage les donateurs à continuer de fournir une importante aide humanitaire aux Yéménites et "condamne les attaques de plus en plus nombreuses" menées par Al-Qaïda dans la péninsule arabique et ses affiliés.

Cette résolution "envoie un message clair à ceux qui veulent faire déraper la transition: ils devront faire face à des conséquences fortes et rapides", a souligné l'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant, qui s'est félicité de l'unité du Conseil sur ce dossier.

Ali Abdallah Saleh a été remplacé par Abd Rabbo Mansour Hadi en février 2012 après plus d'un an de contestation dans la rue, en vertu d'un accord parrainé par l'ONU et le Conseil de coopération du Golfe prévoyant une transition de deux ans.

Un dialogue national s'est conclu en janvier par un accord sur un découpage du Yémen établissant une fédération de quatre régions dans le Nord et deux dans le Sud.

Ce découpage en six provinces doit être inclus dans la future Constitution qui sera soumise à un référendum. Mais les sudistes, qui avaient boycotté le dialogue national, ont rejeté le projet de découpage et intensifié leur mouvement de contestation contre le gouvernement.

avz/rap

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