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Venezuela: Maduro lance un dialogue national pour calmer la grogne

26/02/2014 05:30 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Confronté à trois semaines de protestation contre sa gestion et de manifestations émaillées de violences, le président Nicolas Maduro doit lancer mercredi un dialogue national auquel la principale figure de l'opposition ne participera pas.

Les modalités de cette conférence "pour la paix", à laquelle "tous les courants sociaux, politiques, corporatistes, religieux" ont été invités, n'ont toutefois pas été détaillées par l'héritier politique de Hugo Chavez, élu il y a 11 mois.

Henrique Capriles, battu d'un cheveu par M. Maduro lors de l'élection présidentielle d'avril, a déjà annoncé qu'il n'y participerait pas, se disant lassé des "mensonges" du président et de la répression policière contre la jeunesse. En décembre, M. Maduro avait déjà appelé les maires et gouverneurs d'opposition à un dialogue sur le thème de l'insécurité, auquel il n'a jamais donné suite.

Mais le président affirme être convaincu que "de grands accords vont être conclus" lors de cette conférence.

Cette conférence intervient au lendemain d'une nouvelle marche convoquée par des étudiants vénézuéliens et qui a faiblement mobilisé, illustrant un certain essoufflement du mouvement après trois semaines de protestations contre la gestion du président Maduro.

- Affaiblissement de la mobilisation -

A la mi-journée, seuls quelques dizaines de jeunes avaient répondu présent, confirmant un affaiblissement de la mobilisation constatée ces derniers jours, même si les montages de barricades et les heurts entre jeunes gens masqués et forces de l'ordre se poursuivaient. Le bilan depuis le début du mouvement est de 14 morts, dont au moins huit par balles, et de 140 blessés.

Mercredi à Rome, le pape François a lancé un appel aux responsables politiques et au peuple vénézuélien, très majoritairement catholique, pour que "le pardon réciproque et un dialogue sincère" l'emportent.

"J'espère vivement que cessent aussi vite que possible les violences et les hostilités et que tout le peuple vénézuélien, à commencer par les responsables politiques et institutionnels, se mobilisent pour favoriser la réconciliation nationale", a ajouté le pape argentin.

C'est sur les réseaux sociaux que les chefs de file du mouvement, lancé en province le 4 février, avaient appelé leurs camarades à manifester mardi dans le quartier de Mercedes, à l'est de la capitale. La marche s'est achevée devant l'ambassade de Cuba, pour protester contre les ingérences supposées de ce pays étroitement lié au gouvernement du successeur de Hugo Chavez (1999-2013).

Soutenu par une partie de l'opposition, le mouvement était initialement focalisé sur l'insécurité, critique dans cet Etat pétrolier, avant d'étendre ses revendications aux thèmes de la crise économique, des fréquentes pénuries de produits de première nécessité et de la répression policière.

Les étudiants protestataires réclament aussi la libération des personnes arrêtées en marge des violences, dont l'opposant radical Leopoldo Lopez, écroué depuis une semaine et accusé d'incitation à la violence.

Cette grogne a mobilisé un maximum de 50.000 personnes samedi à l'appel de l'opposant numéro un, Henrique Capriles, alors que le pays compte officiellement 2,6 millions d'étudiants.

Mardi, la vie avait globalement repris son cours normal à Caracas. Les commerces et administrations étaient ouverts, et seuls quelques rues demeuraient obstruées par les débris et poubelles posés par des grappes de jeunes masqués.

Face à "l'inquiétude" exprimée par Washington, M. Maduro a annoncé l'envoi rapide d'un ambassadeur aux Etats-Unis, alors que les deux pays n'ont plus d'ambassadeurs respectifs depuis 2010, mais seulement des chargés d'affaires.

Illustrant les relations diplomatiques particulièrement tendues entre les deux pays, les Etats-Unis ont expulsé mardi trois diplomates vénézuéliens, en représailles au renvoi la semaine dernière par Caracas de trois agents consulaires américains accusés d'avoir apporté leur soutien aux manifestants antigouvernementaux.

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