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Soudan du Sud: les violences visent aussi les soins de santé, dénonce MSF

26/02/2014 03:25 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

Les belligérant sud-soudanais ont pillé des hôpitaux, assassiné des patients dans leur lit, privé de soins de santé vitaux des centaines de milliers de personnes, a dénoncé mercredi Médecins sans frontières (MSF).

Dans un communiqué, l'ONG met en garde contre "un schéma alarmant de pillages et d'attaques contre des patients" et des unités de soins.

Le Soudan du Sud est plongé depuis le 15 décembre dans un conflit opposant les forces pro-gouvernementales à des troupes mutinées menées par l'ancien vice-président Riek Machar. Des milliers de personnes ont déjà perdu la vie. Près de 900.000 ont été déplacées.

MSF dénonce des cas de "patients tués dans leurs lits, d'unités de soins rasées par les flammes, de matériel médical pillé".

"Ces attaques montrent un total manque de respect pour les soins de santé, et privent les plus vulnérables d'aide vitale au moment même où ils en ont le plus besoin", a estimé Raphaël Gorgeu, chef de mission MSF dans le jeune pays.

Le conflit sud-soudanais s'articule autour d'une lutte de pouvoir entre le chef de l'Etat Salva Kiir et son ex-vice-président, limogé en juillet. Le premier accuse le second d'avoir tenté un coup d'Etat.

Riek Machar dément, et reproche en retour à Salva Kiir de ne chercher qu'à écarter toute compétition au sein du parti au pouvoir, le SPLM, à l'approche d'échéances électorales en 2015. Le SPLM est issu de l'ex-rébellion sudiste qui a affronté Khartoum lors de la guerre civile (1983-2005) qui a conduit à l'indépendance.

La rivalité politique a cependant très vite pris une dangereuse tournure ethnique: plusieurs massacres à caractère communautaire opposant les deux principales tribus du pays, les Dinka de Kiir et les Nuer de Machar, ont été dénoncés.

Les deux parties ont signé un cessez-le-feu dans le 23 janvier. Mais cette trêve a volé en éclat la semaine dernière quand le camp Machar a lancé une offensive sur Malakal, capitale de l'Etat pétrolier du Haut-Nil (nord-est).

"Malakal est désertée, les maisons y ont été brûlées et d'innombrables cadavres jonchent les rues", raconte Carlos Francisco, responsable MSF dans la capitale régionale.

Dans l'Etat d'Unité (nord), dans la région de Leer, d'où est originaire Riek Machar, un hôpital de MSF a été complètement rasé.

"Désormais, près de 300.000 personnes sont privées d'hôpital, et de tout soin de santé (...) Il ne reste plus rien d'utilisable dans l'hôpital", dit encore MSF.

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