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Rendement supérieur à son indice de référence en 2013 pour la CDPQ

26/02/2014 11:25 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - La reprise sur les marchés boursiers a grandement aidé la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) à connaître une bonne année 2013 grâce à un rendement de 13,1 pour cent, ce qui dépasse de 0,5 point de pourcentage son indice de référence.

L'actif net de l'institution, qui dévoilait mercredi ses résultats annuels, a grimpé de 24 milliards $ au cours de la dernière année, ce qui lui permet de franchir pour la première fois le cap des 200 milliards $.

La valeur des placements nets de la CDPQ s'est élevée à 22,8 milliards $, alors que les dépôts nets étaient de 1,2 milliard $.

Il s'agit d'une performance supérieure à celle de 2012, alors que l'institution avait enregistré un rendement de 9,6 pour cent sur un indice de référence de 9,3 pour cent.

Le président et chef de la direction de la Caisse, Michael Sabia, a souligné la performance de 22,9 pour cent du portefeuille d'actions, qui a grandement contribué à éponger le recul de 1,2 pour cent dans le secteur des obligations.

Seulement deux des 17 portefeuilles de la CDPQ (obligations à long terme et obligations à rendement réel) ont enregistré un rendement négatif en 2013.

M. Sabia a qualifié la dernière année «d'extrême» puisque certains portefeuilles, comme celui des actions nord-américaines (41,3 pour cent) ont connu de forte progressions, alors que d'autres, comme les obligations à long terme (moins 6,5 pour cent) ont déçu.

«Les montagnes russes, ce n'est pas notre affaire», a souligné M. Sabia, qui, à maintes reprises, a insisté sur la nécessité de poursuivre une stratégie de vision à long terme.

«Les marchés obligataires à la baisse et les marchés boursiers à la hausse ont représenté un environnement complexe, mais, grâce à notre stratégie, nous avons bien navigué dans cet environnement», a-t-il ajouté.

Les dirigeants de la Caisse estiment par ailleurs qu'il serait surprenant de voir le secteur boursier américain répéter les mêmes exploits en 2014 même si les investisseurs semblent de plus en plus confiants.

«(2013) c'est le genre de chose qui s'est produit seulement quatre fois en 50 ans», a rappelé aux journalistes le premier vice-président et chef des placements, Roland Lescure.

Il a souligné que l'indice S&P 500 avait connu une croissance de 29,6 pour cent aux États-Unis en 2013.

Malgré la reprise économique aux États-Unis, l'année 2014 pourrait également s'avérer «volatile», selon M. Sabia, puisque l'Europe demeure fragile, les pays émergents doivent surmonter plusieurs défis et le Canada doit réorienter son économie vers les exportations.

L'institution a également poursuivi sa stratégie auprès des entreprises québécoises en 2013 en vertu d'engagements de 3,6 milliards $. Ces investissements dans la province atteignent maintenant 53,8 milliards $, dont 32,5 milliards $ dans le secteur privé.

«Nous avons joué un rôle de bâtisseur depuis 2009, a souligné le pdg de la CDPQ. Nous allons continuer, en 2014, d'aider les petites et moyennes entreprises en plus de se pencher sur le secteur manufacturier, notamment, qui peut stimuler l'économie.»

Les sociétés québécoises représentent désormais près de 32 pour cent du portefeuille d'actions de la Caisse.

Les rendements des huit plus grands déposants de la Caisse varient entre 8,9 pour cent et 15,5 pour cent. C'est la Régie des rentes du Québec qui a été le déposant ayant enregistré le meilleur résultat en 2013.

Sur quatre ans, le rendement de la CDPQ a été de près de 10 pour cent, ce qui a entraîné une progression de son actif net de 68,5 milliards $.

«Avec un rendement annualisé de 10 pour cent (sur quatre ans), nous avons dépassé les cibles à long terme de nos déposants», a estimé M. Sabia.

Rappelons qu'en 2008, l'institution avait dû éponger une perte de 40 milliards $ qui s'était traduite par un rendement négatif de 25 pour cent en raison de la crise financière et des papiers commerciaux (PCAA).

Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a souligné, par voie de communiqué, la bonne performance de la Caisse, en affirmant que «pour une deuxième année consécutive, son rendement est supérieur aux besoins à long terme de ses déposants».

Il a aussi salué la hausse des investissements au sein de sociétés québécoises.

«Les résultats annoncés sont la preuve, une fois de plus, que les deux volets de la mission de la Caisse, soit la recherche d'un rendement et le développement économique, peuvent coexister de façon rentable et durable», a rappelé M. Marceau.

De son côté, Ivanhoé Cambridge, le bras immobilier de la CDPQ, a investi près de 5,2 milliards $ en 2013 afin de renforcer sa présence aux États-Unis, repositionner sa stratégie en Europe et augmenter ses investissements à Montréal ainsi que dans la région de Québec.

«Nous allons continuer à nous retirer du secteur de l'hôtellerie sauf pour le W, le Reine Élizabeth et le Château Frontenac», a précisé le président du conseil et chef de la direction d'Ivanhoé Cambridge, Daniel Fournier.

Ce dernier a rappelé que le bras immobilier de la Caisse avait l'intention de se concentrer davantage sur les centres commerciaux.

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