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RDC: visite controversée du président soudanais El-Béchir, recherché par la CPI

26/02/2014 08:36 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

La présence du président soudanais Omar el-Béchir à Kinshasa pour un sommet de chefs d'Etat africains a provoqué de vives réactions en République démocratique du Congo et à l'étranger, la Cour pénale internationale demandant mercredi son arrestation "immédiate".

La CPI "demande à la République démocratique du Congo d'arrêter immédiatement Omar Hassan Ahmad Al-Bashir et de le remettre à la Cour", a-t-elle indiqué dans un communiqué.

M. El-Béchir fait l'objet de mandats d'arrêt datant de 2009 et 2010 de la CPI pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide dans le conflit du Darfour, une vaste région de l'ouest du Soudan. Cependant il a pu voyager dans plusieurs pays africains sans être arrêté, malgré des injonctions de la CPI.

Des associations congolaises ont également dénoncé la visite de M. El-Béchir.

"La RDC, de par ses obligations résultant du traité de Rome instituant la Cour pénale internationale, qu'elle a ratifié, ne pouvait pas inviter le président El-Béchir et se doit de coopérer avec la Cour et d'exécuter les mandats d'arrêt qu'elle émet", ont souligné près de 90 associations congolaises dans un communiqué publié mardi.

"La RDC doit clairement démontrer qu'elle est du côté de la justice et des victimes, pas du côté des suspects", y précise Descartes Mpongo, secrétaire exécutif de l'Action des Chrétiens Activistes des Droits de l'Homme, basée dans la province du Sud-Kivu (est).

L'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International a également réagi. La RDC "ne devrait pas protéger le président soudanais de la justice internationale", explique dans un communiqué indique Muthoni Wanyeki, directeur régional pour l'Afrique de l'Est.

"Sa visite dans le pays est une opportunité d'appliquer les mandats d'arrêt et d'envoyer le message que la justice doit prévaloir", a-t-il ajouté.

Omar El-Béchir, 70 ans, est à Kinshasa pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du Marché Commun de l'Afrique de l'Est et Australe ouvert mercredi par le président congolais Joseph Kabila, en présence de quelques présidents africains.

Les associations congolaises considèrent "sérieusement la possibilité de porter plainte contre Omar el-Béchir devant le système judiciaire congolais afin d'obtenir l'émission un mandat d'arrêt national contre lui", menacent-elles dans leur communiqué.

"En effet, le droit congolais prévoit que toute personne s'étant rendue responsable à l'étranger de crimes punis de plus de deux mois de détention", selon les dispositions de la loi congolaise, "peut être poursuivie et jugée en République démocratique du Congo", est-il précisé.

hab/de

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