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Paix en Colombie : les Farc proposent d'épurer l'Etat de ses "narco-parmilitaires"

26/02/2014 12:19 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

La guérilla colombienne des Farc a proposé mercredi d'épurer les institutions d'Etat de ses éléments "narco-paramilitaires" pour en terminer avec le trafic de drogue auquel, a-t-elle réaffirmé, elle-même ne participe pas.

"Le trafic de drogue est intrinsèque aux institutions de Colombie, cela requiert des changements d'ordre structurel", a affirmé à la presse Jesus Santrich, un des délégués des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) aux négociations de paix qui se déroulent à La Havane depuis novembre 2012.

"La politique anti-drogue doit avoir notamment pour axe l'identification des structures du pouvoir +narco-paramilitaire+, criminel et mafieux incorporées à l'Etat, compte tenu que ces structures constituent un facteur essentiel de la persistance de l'industrie criminelle du trafic de drogue", a ajouté le délégué de la guérilla.

Il doit y avoir une "épuration" dans les forces armées, dans la police, les organes de contrôle électoral, des "mesures contre la corruption entretenue par les +narco-paramilitaires+" et un "démantèlement du pouvoir local" de ces derniers.

Le délégué des Farc a par ailleurs nié toute implication de la guérilla dans le trafic de drogue, contrairement aux affirmations du gouvernement colombien et des Etats-Unis.

"On parle beaucoup de ceci tous les jours, parce que c'est l'objet d'une grande machination médiatique cherchant à calomnier la guérilla", a-t-il affirmé.

"Nous avons déjà demandé la mise en place rapide d'une +commission de la vérité+ pour faire la lumière, non seulement sur les victimes du conflit, mais aussi sur tous ses aspects à propos desquels circulent tant de mensonges", a ajouté Jesus Santrich.

Comme à son habitude, la délégation du gouvernement colombien n'a pas fait de déclaration à son arrivée au Palais des conventions de La Havane où se déroulent les pourparlers.

Le trafic de drogue est le troisième des six points de l'ordre du jour des négociations de La Havane entre la guérilla et le gouvernement colombiens.

Deux accords partiels ont déjà été conclus sur les importants thèmes du développement rural et de la participation de la guérilla à la vie politique à l'issue d'un accord de paix mettant fin à ce conflit d'un demi-siècle.

Après le trafic de drogue, les deux parties doivent encore négocier les dédommagements aux victimes du conflit, la fin effective du conflit et le processus de ratification de l'accord de paix.

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