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Les saisies de drogues et d'armes de plus en plus nombreuses dans les prisons

26/02/2014 11:25 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

De plus en plus de drogues et d'armes sont confisquées dans les prisons canadiennes, selon les renseignements obtenus par CBC en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

L'Établissement de l'Atlantique, situé à Renous, au Nouveau-Brunswick, arrive en tête de liste en ce qui a trait aux saisies d'armes effectuées entre 2008 et 2012. Le pénitencier de Dorchester, toujours au Nouveau-Brunswick, suit de près. Les deux institutions carcérales font également partie des 10 établissements ayant effectué le plus de saisies de drogues.

Malgré ces saisies, les experts disent que les détenus trouvent toujours de nouvelles façons d'introduire de la drogue dans les établissements.

Selon un gardien de prison retraité, Kevin Brooks, les prisonniers sont de véritables génies pour trouver un moyen de dissimuler des produits illégaux. La plupart du temps, ils utilisent leurs cavités corporelles, mais certains ont aussi recours à des drones ou de simples hélicoptères téléguidés. Ils peuvent également utiliser une fronde pour lancer des couteaux, des explosifs ou des balles de fusil à l'intérieur des murs de l'établissement carcéral.

« Si tu sais que tu iras en prison après avoir comparu en cour, tu te prépares. Cela représente beaucoup d'argent, alors tu le fais. Mais certains ne le font pas pour l'argent. Ils le font parce qu'ils sont obligés », explique Kevin Brooks.

Un ancien prisonnier du pénitencier de Dorchester et de l'Institution Springhill, qui a témoigné sous le couvert de l'anonymat, explique que les armes sont facilement introduites dans les établissements.

« Ils peuvent les cacher dans leur cavité corporelle, puis fabriquer un pistolet maison. Cela prend 15 minutes avec un bout de bois, du plastique et un ressort. Ils sont très ingénieux », explique-t-il. 

Selon lui, les gardiens et les avocats servent parfois d'intermédiaires, mais agissent souvent sous la menace. Le tabac est de plus en plus recherché depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction de fumer dans les prisons.

Kevin Brooks croit que la solution au problème passe par la décriminalisation de la marijuana, ce qui ferait diminuer le nombre de détenus. Selon lui, cela désengorgerait les prisons et rendrait le travail des gardiens plus facile. Il croit aussi que la contrebande n'est pas un problème qui pourra être complètement enrayé. 

Les services correctionnels du Canada ont refusé d'accorder une entrevue.

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