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Les maires des grands villes veulent du financement pour leurs infrastructures

26/02/2014 04:30 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Les maires des grandes villes du Québec font front commun contre le fédéral: ils veulent être consultés au sujet de l'arrêt de livraison du courrier à domicile annoncé par Postes Canada et demandent que les infrastructures sportives et culturelles puissent à nouveau être financées par Ottawa.

Les maires ont même adopté une résolution unanime concernant Postes Canada, mercredi, à l'hôtel de ville d'Ottawa, lors de la réunion du Caucus des maires des 22 grandes villes canadiennes.

C'est un bon premier pas, a déclaré le maire de Montréal, Denis Coderre, qui déplore que la décision de Postes Canada ait été prise sans qu'on lui demande son avis ni celui de ses homologues.

La maire de Montréal a de nombreuses questions à ce sujet: d'abord sur les chiffres avancés par Postes Canada, qui prétend avoir un important déficit et ne plus être rentable.

«On nous donne des chiffres qui, à notre avis, ne sont pas adéquats», juge-t-il.

M. Coderre se demande aussi où toutes ces boîtes postales communautaires seront installées dans sa ville, densément peuplée.

«On va avoir un mur de Chine de boîtes», s'est-il exclamé.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a dit être d'accord avec la décision du fédéral sur Postes Canada. Mais il ne veut pas de solution «mur-à-mur» pour toutes les municipalités, puisque les besoins diffèrent, avance-t-il.

Pour le gouvernement conservateur, l'arrêt d'ici cinq ans de la livraison à domicile a été décidé par Postes Canada, une société d'État indépendante, qui prend ses propres décisions d'affaires. Et les activités de celle-ci ne sont pas rentables, selon le gouvernement, notamment en raison de la diminution de l'usage de la lettre-poste.

Les maires québécois ont aussi déploré la décision du fédéral de ne pas financer les équipements sportifs et culturels dans le cadre de son nouveau programme d'infrastructures Chantiers Canada.

Ottawa soutient que les municipalités peuvent utiliser l'argent transféré du Fonds de la taxe sur l'essence pour construire des infrastructures sportives.

M. Labeaume a souligné que tous les maires ont demandé au fédéral de rétablir l'admissibilité du financement pour des constructions qui serviront aux arts ou au sport.

L'Union des municipalités du Québec (UMQ) et la Fédération canadienne des municipalités (FCM) sont d'accord, a-t-il ajouté.

La décision d'Ottawa est d'ailleurs qualifiée d'irrespectueuse par l'UMQ.

«C'est un virage à 180 degrés du gouvernement Harper qui prend de court toutes les municipalités. C'est totalement irrespectueux des responsabilités et des compétences de chacun», a déclaré le président de l'UMQ et maire de Rimouski, Éric Forest.

Concrètement, le retrait par le fédéral des infrastructures sportives du Fonds Chantiers Canada et la priorité accordée par les provinces aux projets en lien avec l'eau dans le programme de la taxe sur l'essence font en sorte qu'aucun projet municipal d'infrastructures sportives, de loisirs ou culturelles ne peut maintenant être financé par les nouveaux fonds, explique l'UMQ dans un communiqué.

«On va leur (les conservateurs) demander d'écouter un peu petit peu. C'est l'unanimité, partout», a lancé M. Labeaume à ce sujet.

Il a dit avoir été informé que la décision de ne plus financer les infrastructures culturelles et sportives était basée sur la création d'emplois. Selon lui, cet argument ne tient pas la route. Il se demande pourquoi la construction d'un aréna créerait moins d'emplois qu'une usine d'épuration d'eau?

«Il (le ministre de l'Infrastructure Denis Lebel) ne m'a pas rassuré», a-t-il dit au sujet de ses discussions avec lui.

Le dossier est particulièrement important pour M. Labeaume qui souhaite du financement fédéral pour son projet d'anneau de glace.

«Il faut que Denis (Lebel) soit ouvert, mais aussi ceux qui sont au-dessus de lui», a-t-il dit.

«Le problème, c'est pas nous autres, c'est lui le problème, c'est eux autres», a ajouté le coloré maire de Québec, qui rapporte s'être fait dire dans le passé par Denis Lebel d'attendre la portion suivante du programme d'infrastructures pour son anneau de glace.

Les maires québécois «veulent prendre leurs propres décisions» au sujet des projets d'infrastructure, ajouté le maire Denis Coderre, et ne pas se faire imposer toutes les règles par Ottawa.

«On sait ce dont on a besoin en matière d'infrastructures», a dit M. Coderre, ajoutant que la façon dont le fédéral s'est comporté jusqu'à maintenant laisse présager qu'il veut prendre les décisions pour les municipalités.

Pour la première fois, le controversé maire de Toronto, Rob Ford, a participé à la réunion en cette année électorale dans sa ville. Il est en quête de meilleur financement pour le logement communautaire et pour de nouveaux wagons de métro.

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