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Le Japon enquête sur MtGox, inquiétude dans la communauté bitcoin

26/02/2014 06:21 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Les autorités japonaises enquêtaient mercredi sur la plate-forme de bitcoin MtGox dont le coffre-fort virtuel aurait pu laisser échapper des millions de dollars.

Aux Etats-Unis, un procureur de New York aurait de son côté émis une citation à comparaître à l'encontre de MtGox, qui gère aussi des activités de monnaie virtuelle aux Etats-Unis, a rapporté le Wall Street Journal.

Cette entrée en jeu des autorités intervient après l'aggravation de la crise du bitcoin et de MtGox, une des plus anciennes et importantes "plates-formes d'échange" - l'équivalent d'une combinaison de banque et de Bourse pour les devises traditionnelles.

Différence de taille toutefois avec les monnaies habituelles: le bitcoin créé en 2009, et qui permet entre autres d'échanger des biens et des services sur internet, n'est pas soumis aux organes de régulation qui surveillent la finance internationale.

Basée à Tokyo, MtGox a purement et simplement effacé le contenu de son site internet mardi, quelques heures avant d'y poster un bref message annonçant "la fermeture de toutes les transactions pour le moment".

La firme a évoqué "des récents articles de presse et leurs répercussions possibles sur les opération de MtGox et le marché" pour justifier sa décision.

MtGox a en fait suspendu ses transactions depuis le 7 février et les clients ayant investi en bitcoin chez elle craignent d'avoir été floués.

L'un d'eux, Kolin Burges, a fait le pied de grue mercredi devant les locaux de l'entreprise et a demandé que son PDG, Mark Karpeles, soit traîné devant les tribunaux.

"Quand MtGox va-t-il arrrêter de mentir à ses clients ? Rejeter la responsabilité de sa fermeture sur des articles de presse ? Je veux voir Karpeles en prison", a-t-il écrit sur Tweeter.

- "Failles structurelles" -

Les autorités japonaises sont longtemps restées sourdes à cette crise dans ce secteur nouveau, mais elles ont réagi mercredi pour la première fois.

"Le ministère des Finances, l'Agence des services financiers et la police font des recherches à ce sujet pour comprendre le problème dans son ensemble", a expliqué le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga.

"Lorsque nous aurons bien compris de ce qui s'est passé, nous agirons si nécessaire", a-t-il ajouté.

Tokyo a semble-t-il réagi après la large diffusion d'un document sur internet, présenté comme un "plan de sortie de crise" de MtGox. D'après ce texte dont l'origine n'a pu être authentifiée, la firme se serait fait dérober via un piratage informatique près de 750.000 bitcoins, 6% de leur nombre total en circulation dans le monde. Cela représente quelque 440 millions de dollars aux cours affichés mercredi par les autres plates-formes mondiales de cette monnaie virtuelle.

Car le bitcoin continuait d'être échangé sur les homologues de MtGox ailleurs dans le monde, que ce soit sur la britannique Bitstamp, la chinoise BTC China et l'américaine Coinbase. Sa valeur, beaucoup plus volatile que celle des monnaies traditionnelles comme le dollar ou l'euro, oscillait autour de 583 dollars mercredi à 10H00 GMT sur Bitstamp, en hausse de 9% depuis le début de la journée.

La fermeture de MtGox a plongé dans la crise cette jeune monnaie virtuelle créée à partir d'un codage informatique crypté et réprésente "un échec cuisant pour la communauté du bitcoin", a jugé Mark Williams, expert à l'université de Boston et critique de longue date.

"Cela révèle ses failles structurelles et montre que l'auto-régulation ne fonctionne pas. Quand il y a beaucoup d'argent sur la table, il y a une forte incitation à la fraude et 100% des consommateurs sont en danger", a-t-il dit à l'AFP.

Six acteurs majeurs du bitcoin se sont démarqués clairement de MtGox mardi, accusée "d'actions intolérables qui ne reflètent ni la solidité ni la valeur du bitcoin et de l'industrie de la monnaie numérique".

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