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Le conflit d'actionnaires au sein du "Facebook russe" se dirige vers les tribunaux

26/02/2014 12:26 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Le premier actionnaire du réseau social russe VKontakte (VK) a annoncé mercredi s'en remettre à la justice pour résoudre son conflit avec le patron du "Facebook russe", le jeune génie de l'internet russe Pavel Dourov.

Le fonds d'investissement United Capital Partners (UCP), qui détient 48% du réseau très prisé des Russes, est engagé depuis des mois dans un bras de fer avec le turbulent directeur général de la société.

Il l'accuse d'avoir utilisé les ressources de VK pour créer l'an dernier l'application de messagerie instantanée Telegram, indépendante du réseau social, qui a remporté un vif succès. Il reproche aux autres principaux actionnaires, le groupe internet Mail.ru et Ivan Tavrine, de le soutenir.

"Ayant épuisé toutes les possibilités d'arriver à un accord raisonnable, nous transmettons nos désaccords avec VK à des cabinets de juristes, qui vont défendre nos droits devant les juridictions russe et internationales", a annoncé UCP dans un communiqué.

"Le fonds de nos reproches, c'est que Pavel Dourov et les représentants de Mail.ru ont systématiquement pris, et continuent de prendre, des décision qui ne sont pas dans l'intérêt de VK", a ajouté le fonds.

Parfois comparé au fondateur de Facebook Mark Zuckerberg, M. Dourov, 29 ans, a créé le réseau, qui surpasse dans l'ex-URSS son concurrent américain, à sa sortie de l'université de Saint-Pétersbourg en 2006.

Il est sorti en janvier du capital de la société en vendant sa part de 12% à M. Tavrine, PDG de l'opérateur de téléphonie mobile MegaFon, mais en est resté directeur général. Il aurait alors selon le journal russe Vedomosti touché plus de 400 millions de dollars.

MegaFon et Mail.ru sont contrôlés par l'homme le plus riche de Russie, Alicher Ousmanov.

A l'automne, M. Dourov avait dénoncé les méthodes d'UCP.

"Ils ne font confiance à personne et cherchent le mal partout de manière paranoïaque. Si je ne savais pas qu'il s'agissait de financiers, j'aurais l'impression d'avoir affaire à des membres du FSB", les services spéciaux russes, héritier du KGB, avait-il déclaré à Vedomosti.

Provocateur et ouvertement libertaire, Pavel Dourov crée régulièrement du "buzz", comme lorsqu'il a lancé des billets de banque des fenêtres du siège de VK à Saint-Pétersbourg. Plus récemment, il a proposé au fugitif américain Edward Snowden, réfugié en Russie, de travailler avec lui.

Fin 2011, alors qu'un mouvement de contestation contre Vladimir Poutine rassemblait des dizaines de milliers de personnes, il a repoussé l'injonction des services de renseignement de bloquer des groupes d'opposition sur VK.

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