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La Romaine: Ouellet rectifie le tir après avoir laissé planer un doute

26/02/2014 04:54 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a dû rectifier le tir, mercredi, après avoir laissé planer un doute sur le parachèvement d'un projet de centrales hydroélectriques sur une rivière de la Côte-Nord.

Mme Ouellet a tenu à clarifier ses propos en engageant le gouvernement péquiste à maintenir le chantier de 6,5 milliards $, qui prévoit la construction de quatre centrales sur la rivière Romaine d'ici 2020. Selon la ministre, le projet est trop avancé pour pouvoir être remis en question.

«Ça fait déjà plusieurs années que c'est commencé, il y a beaucoup d'argent qui a déjà été investi, a-t-elle dit lors d'une entrevue qu'elle a sollicitée. Il y a des phases qui sont déjà presque terminées, et ces phases s'imbriquent les unes dans les autres et même pour la phase quatre l'infrastructure de base est déjà en place.»

Ces précisions surviennent quelques jours après la publication d'un rapport, commandé par le gouvernement, qui recommande de suspendre les investissements dans les phases 3 et 4 du projet de La Romaine, lancé par les libéraux.

Lors d'un point de presse, mercredi, Mme Ouellet avait d'abord affirmé que le projet n'était «pour l'instant» pas remis en question. Interrogée à trois reprises sur la nécessité de parachever la construction des quatre centrales sur la Romaine, Mme Ouellet avait laissé planer un doute en reportant sa réponse définitive au printemps.

«On n'en est pas là, avait-elle dit. Il y aura une future politique énergétique, laissez-moi de l'espace pour la future politique énergétique. J'aurai l'occasion de présenter au printemps la future politique énergétique.»

Par la suite, Mme Ouellet a voulu dissiper tout doute qu'elle aurait pu susciter concernant le parachèvement du projet d'ici 2020.

«Oui, on est toujours sur cet échéancier, on est toujours avec ces phases puisque le projet est déjà commencé», a-t-elle dit.

Dans son rapport rendu public lundi par Mme Ouellet, la Commission sur les enjeux énergétiques constate que les surplus d'électricité accumulés par Hydro-Québec nécessitent la mise en veilleuse de projets.

Les deux commissaires, Roger Lanoue et Normand Mousseau, estiment que les investissements dans les phases 3 et 4 de La Romaine, et dans certains projets éoliens, devraient être suspendus.

Plus tôt cette semaine, la première ministre Pauline Marois avait affirmé que tout projet «engagé et autorisé» allait suivre le cours prévu.

Concernant l'énergie éolienne, Mme Ouellet a répété mercredi l'engagement de son gouvernement à soutenir ce secteur d'activité.

«Cette position qu'on a prise au printemps passé, très clairement, on la maintient», a-t-elle dit à la presse parlementaire.

Mme Ouellet avait cependant été moins catégorique à propos du parachèvement du projet d'Hydro-Québec sur la Côte-Nord.

«Vous aurez des réponses dans la future politique énergétique, avait-elle dit. Mais en ce moment, on n'est pas là, à remettre en question ces projets-là.»

Dans leur rapport, les commissaires Lanoue et Mousseau observent qu'en 2013, la demande pour l’électricité est moins forte au Québec qu’en 2007 alors que la capacité de production est plus élevée, ce qui engendre des surplus dont les coûts sont épongés par les consommateurs et les contribuables.

Selon le rapport, à partir de 2017, les pertes liées à ces surplus s'élèveront à 1,2 milliard $ par année, ce qui nécessite dès maintenant un coup de barre pour éviter qu'elles augmentent à 2 milliards $ en 2025.

Le document, qui doit inspirer la prochaine politique énergétique du gouvernement, recommande de suspendre des investissements «dans le complexe de La Romaine-3 et de La Romaine-4, et d’arrêter ou de suspendre les contrats d’approvisionnement en éolien, en cogénération et en petite hydraulique pour les infrastructures qui ne sont pas encore construites».

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