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La redistribution des richesses ne serait pas une mauvaise chose pour l'économie

26/02/2014 03:35 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Une nouvelle étude de chercheurs du Fonds monétaire international (FMI) semble contredire la théorie des conservateurs voulant que d'imposer les riches pour donner aux pauvres soit une mauvaise chose pour l'économie.

Le rapport des chercheurs Jonathan Ostry, Andrew Berg et Charalambos Tsangarides sera applaudi par les politiciens et les économistes qui perçoivent les niveaux élevés d'inégalité des revenus non seulement comme une faute morale, mais aussi comme quelque chose de malsain du point de vue économique.

Après s'être intéressé aux données «pré-» et «post-impôts» d'un grand nombre de pays, les auteurs de l'étude disent avoir constaté de façon convaincante que de moindres inégalités sont une bonne chose pour l'économie car elles augmentent la croissance et mènent à des périodes d'expansion plus longues.

La conclusion la plus controversée de l'étude veut que la redistribution de la richesse, largement via les impôts, n'ait pas d'impact significatif sur la croissance, sauf si l'intervention est poussée à l'extrême.

En fait, puisque la redistribution de la richesse au moyen d'impôts a pour conséquence positive de réduire les inégalités, elle donne lieu à une croissance de l'économie, ont conclu les chercheurs.

Bien que la recherche du FMI soit truffée de données économiques, les implications politiques de ses conclusions ne font aucun doute.

Au Canada, le Parti libéral dirigé par Justin Trudeau s'apprête à faire du soutien à la classe moyenne une stratégie clé de sa prochaine campagne électorale. Le Nouveau Parti démocratique a également souligné l'importance de réduire l'inégalité des revenus.

Les conservateurs de Stephen Harper affirment quant à eux que les réductions des impôts, en particulier les impôts sur les sociétés, expliquent au moins en partie pourquoi l'économie canadienne s'est mieux comportée que celles des autres pays du G7 durant et après la récession de 2008-09.

Aux Communes, mardi, le ministre fédéral de l'Emploi, Jason Kenney, a affirmé que les nombreuses réductions des impôts auxquelles a procédé son gouvernement depuis 2006, incluant la baisse de deux points de pourcentage de la taxe sur les produits et services, avaient aidé la plupart des Canadiens.

Au sujet d'un rapport de Statistique Canada montrant que le revenu familial médian a grimpé de 44,5 pour cent depuis 2005, M. Kenney a dit ne pas être étonné.

«Ce n'est pas une coïncidence car avec plus de 160 réductions des impôts par ce gouvernement, les familles canadiennes ont vu leur revenu disponible après impôt augmenter de 10 pour cent, en moyenne, dans toutes les catégories de revenus», a-t-il affirmé.

Le FMI, dont le siège se trouve à Washington, a rendu public le rapport mercredi matin, mais a précisé qu'il s'agissait d'un document de membres de son personnel ne représentant pas nécessairement ses opinions ou sa politique. Sa publication a été autorisée par l'économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard.

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