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La justice française se prononce jeudi sur l'extradition d'un opposant géorgien

26/02/2014 07:19 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

La justice française se prononce jeudi sur la demande d'extradition émise par la Géorgie à l'encontre d'un ancien ministre de la Défense, David Kezerachvili, devenu l'une des figures de l'opposition, et accusé de corruption par le pouvoir géorgien.

Craignant que l'extradition ne soit motivée par des raisons politiques, le parquet général de la cour d'appel d'Aix-en-Provence (sud-est) s'était dit "extrêmement réservé" lors de l'audience du 30 janvier.

"Il appartiendra à la cour de s'assurer que la demande d'extradition n'a pas été présentée aux fins de poursuivre l'intéressé pour des considérations d'opinions politiques", avait ajouté l'avocate générale, Solange Legras, dans son réquisitoire.

La magistrate avait notamment souligné que M. Kezerachvili avait "exercé des fonctions essentielles au niveau politique", et avait tenu un "rôle important au moment de la guerre contre la Russie, en août 2008".

David Kezerachvili, 34 ans, est l'un des leaders du Mouvement national uni (MNU,) de l'ancien président Mikheil Saakachvili, qui a perdu les élections d'octobre 2012. Il a été ministre de la Défense de 2006 à 2008 et avait auparavant exercé la fonction de chef de la police financière, entre 2004 et 2006.

Début 2013, la justice géorgienne a lancé deux mandats d'arrêt internationaux contre lui, conduisant à son interpellation, le 14 octobre 2013, à l'aéroport de Nice Côte d'Azur, au moment où il s'apprêtait à embarquer à bord d'un vol pour Tirana (Albanie).

Incarcéré dans un premier temps à Marseille, il a été remis en liberté sous bracelet électronique début février, sur décision de la cour d'appel d'Aix-en-Provence.

L'ancien ministre est poursuivi par les autorités géorgiennes dans deux dossiers. Il est accusé d'avoir facilité, de 2006 à 2012, un trafic d'éthanol entre l'Ukraine et la Géorgie.

M. Kezerachvili est par ailleurs accusé d'avoir, en 2009, mis la main de manière frauduleuse sur une chaîne de télévision, Imedi TV. Une affaire dont l'accusé principal est l'ancien maire de Tibilissi, Guiorgi Ougoulava. Ce dernier n'a été suspendu qu'en décembre 2013, pour d'autres incriminations.

"Si la cour refuse l'extradition, cela voudra dire que l'on a pu prouver que le régime géorgien instrumentalise la justice pour poursuivre les opposants", a déclaré l'un de ses avocats, Me Patrick Klugman.

Dans cette hypothèse, M. Kezarachvili, qui a demandé l'asile politique à la France en janvier, sera alors libre dans les cinq jours, sauf en cas de saisie de la plus haute instance judiciaire française. Il reste toutefois l'objet d'un mandat d'arrêt à l'étranger.

Pour l'avocat de l'Etat géorgien, Me Ludovic Malgrain,"l'argument du procès politique ne tient pas". Lors de l'audience, il a évoqué des "dissimulations" dans les deux affaires qui doivent selon lui être jugées en Géorgie.

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