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Hong Kong: un ancien rédacteur en chef libéral poignardé par des inconnus

26/02/2014 02:25 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

L'ancien rédacteur en chef d'un quotidien de Hong Kong, dont le récent limogeage a scandalisé les défenseurs de la liberté d'information, a été poignardé mercredi et se trouvait dans un état critique, a-t-on appris de source officielle.

Kevin Lau a été évincé en janvier du Ming Pao et remplacé par une personnalité pro-Pékin, une décision perçue comme une tentative de mise au pas par la rédaction de ce journal libéral, réputé pour ses enquêtes et ses analyses.

M. Lau a été agressé par un nombre inconnu de personnes en plein jour dans le quartier de Chai Wan où se trouvent les locaux du journal.

Ses assaillants se sont enfuis à moto, a indiqué la police.

Poignardé à plusieurs reprises dans le dos, il était conscient au moment de l'arrivée des secours, a précisé à l'AFP une porte-parole de la police. Selon un porte-parole du gouvernement, l'homme est dans un état critique.

La numéro deux de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam, s'est dite "choquée et attristée".

"Hong Kong est une ville où règne l'Etat de droit. Nous devons tous condamner la violence", a-t-elle réagi.

Cette agression intervient dans un contexte d'inquiétudes croissantes pour la liberté de la presse à Hong Kong, colonie britannique revenue en 1997 dans le giron chinois.

Les défenseurs de la liberté d'expression et de la presse sont encore descendus dans la rue ce week-end et deux rapports publiés au début du mois par des organisations internationales estimaient que l'autocensure des médias était devenue une pratique courante à Hong Kong.

Les associations de journalistes ont appelé les autorités à tout faire pour retrouver les agresseurs de Kevin Lau.

"Nous condamnons vigoureusement la violence et exhortons la police à agir", a déclaré à l'AFP l'Association des journalistes de Hong Kong, Sham Yee-lan.

Pour ses défenseurs, la mise à l'écart de Kevin Lau était de nature politique.

Le journal se fait régulièrement l'écho du débat faisant rage à Hong Kong entre libéraux et pro-Pékin sur l'instauration -- que réclament les premiers -- du suffrage universel plein et entier.

Depuis sa rétrocession, Hong Kong a le statut de région administrative spéciale (RAS) et bénéficie en principe d'une large autonomie en vertu du modèle "un pays, deux systèmes".

Ses habitants jouissent d'une liberté de parole inconnue sur le continent mais Pékin contrôle largement en réalité la vie politique locale et les Hongkongais dénoncent régulièrement des coups de canif dans l'accord de rétrocession.

La Chine a promis d'instaurer le suffrage universel direct pour l'élection du chef de l'exécutif en 2017 et celle du parlement en 2020. Mais de nombreux démocrates locaux doutent fortement de ses promesses, l'échéance étant régulièrement repoussée.

Dans le système actuel, le chef de l'exécutif est élu par un comité de 1.200 membres majoritairement pro-Pékin.

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