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GB: tollé après l'amnistie d'un ex-militant de l'IRA

26/02/2014 09:53 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

L'abandon mardi des poursuites contre un ex-militant de l'IRA, principal suspect d'un attentat meurtrier à Hyde Park en 1982, a soulevé un tollé en Grande-Bretagne où le Premier ministre de l'Irlande du Nord, Peter Robinson, menace même de démissionner.

Le chef du gouvernement britannique David Cameron a également critiqué les circonstances qui ont amené mardi un juge de Londres à mettre fin à la procédure contre John Downey, en vertu d'une lettre que celui-ci a reçu par erreur en 2007, lui offrant l'assurance qu'il ne serait jamais inquiété par la justice.

"Il n'aurait pas dû recevoir cette lettre. C'était une erreur terrible et nous devons analyser les faits pour que cela ne puisse plus se reproduire", a souligné le Premier ministre devant le Parlement mercredi midi.

Au même moment le Premier ministre nord-irlandais ne décolérait pas d'avoir été "tenu à l'écart par le gouvernement de sa majesté à Londres sur un dossier qui concerne l'Irlande du Nord". Refusant de "servir de larbin à Westminster", il a menacé de démissionner si aucune enquête judiciaire n'était ouverte.

L'émotion est d'autant plus forte que l'audience de M. Downey a permis de révéler que 187 personnes en cavale (appelées "On The Runs") avaient reçu une lettre d'amnistie similaire, dans le cadre secret de l'accord de paix du Vendredi Saint qui avait mis fin, en 1998, à trente ans de violences interconfessionnelles en Irlande du Nord.

Peter Robinson a souligné qu'il ignorait l'existence de ces lettres envoyées par le gouvernement britannique, dont celle adressée sur erreur administrative à M. Downey en 2007, alors qu'il était sous le coup d'un mandat d'arrêt de Scotland Yard.

L'affaire a fait la une mercredi de plusieurs quotidiens britanniques qui revenaient sur cette "erreur catastrophique" ayant pour conséquence que le suspect N.1 de l'attentat de 1982 ne sera pas jugé, au grand désarroi des familles des victimes.

Downey, un Irlandais de 62 ans, avait été arrêté en 2013 et inculpé pour meurtres. Le 20 juillet 1982, une bombe cachée dans un véhicule près de Hyde Park, en plein coeur de Londres, avait explosé au passage de membres de la cavalerie royale, qui participent à la fameuse relève de la garde à Buckingham Palace.

Quatre soldats avaient été tués et plus de 20 personnes blessées dans cette explosion qui avait aussi causé la mort de sept chevaux, dont les cadavres jonchant le sol sont restés une image célèbre.

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