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France: un prêtre jugé pour le viol d'une paroissienne très pieuse

26/02/2014 07:18 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

La justice française a ouvert mercredi le procès d'un prêtre accusé de viol et agressions sexuelles sur une paroissienne très pieuse et vulnérable, une affaire qui vaut à cette dernière l'opprobre de son village désormais sans curé.

Le procès sur deux jours de ce prêtre, âgé de 69 ans, légèrement tendu et évitant le regard de sa victime présumée, se tient à huis clos. Cette dernière, une femme discrète de 39 ans, portant de fines lunettes, est restée silencieuse, le regard sombre.

L'ex-curé du village de Moirans-en-Montagne, dans le Jura (est), encourt 20 ans de réclusion criminelle pour le viol de cette paroissienne, qui souffre de troubles psychologiques et de problèmes physiques.

Depuis le déclenchement de l'affaire, la victime présumée subit l'opprobre des habitants du village qui s'est retrouvé sans curé après le départ du père Lagnien, un homme apprécié.

En juin 2010, lors d'un pèlerinage dans l'est de la France, le prêtre avait fait des avances appuyées à cette femme dont la vie était centrée sur la religion, tentant de l'embrasser à plusieurs reprises en lui caressant les cuisses et le sexe.

Quelques jours plus tard, la jeune femme s'était rendue au domicile du prêtre à Moirans-en-Montagne. D'après l'accusation, celui-ci l'aurait entraînée dans sa chambre et violée.

"Pour elle, il s'agissait d'éclaircir la situation. Pour lui, en venant chez lui elle acceptait à demi-mots" la relation sexuelle, a résumé l'avocat général Guillaume Michel avant le début de l'audience. Le père Lagnien "a évolué dans ses déclarations: au début, il a tout reconnu et maintenant, il reconnaît toujours la matérialité des faits, mais il dit qu'elle était consentante", a-t-il ajouté.

La paroissienne, vierge avant les faits, affirme qu'elle n'était pas consentante, qu'elle a dit "non". "Il l'a agressée sexuellement et violée, c'est ce que nous tenterons de démontrer devant la cour", a déclaré son avocate, Me Aurélie Degournay.

L'homme d'église, qui a écrit plusieurs lettres d'excuses à cette femme et lui a proposé une demande publique de pardon, ne comprend pas pourquoi l'affaire vient devant la justice, a dit son avocat, Me Randall Schwerdorffer, qui a l'intention de plaider l'acquittement.

"Ce sont deux être sexuellement inexpérimentés qui n'ont pas les mêmes attentes. Ils se retrouvent et ont une relation insatisfaisante, tant intellectuellement que physiquement, et ils n'en font pas la même interprétation", estime l'avocat.

Le prêtre avait déjà eu des relations sexuelles, consentantes celles-là, avec d'autres femmes, quand il officiait en Nouvelle-Calédonie. Selon lui, étant prêtre diocésain, et non moine, il avait l'obligation de célibat, mais il n'a pas fait voeu de chasteté.

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