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France: plus de 21.000 oiseaux morts dans des tempêtes depuis fin janvier

26/02/2014 08:19 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Epuisés par plusieurs tempêtes depuis fin janvier sur l'océan Atlantique, plus de 21.000 oiseaux marins ont été trouvés morts sur le littoral français, une "hécatombe" sans précédent depuis un siècle, a annoncé mercredi la Ligue de protection des oiseaux (LPO).

Au 24 février, du pays Basque (sud-ouest) au Finistère sud (nord-ouest), ont été comptabilisés 21.341 oiseaux morts et 2.784 acheminés dans des centres de sauvegarde. Le macareux moine, le guillemot de Troïl, et dans une moindre mesure le pingouin torda, sont les espèces les plus touchées.

"De nombreux oiseaux flottant", majoritairement morts, "au large des côtes ont été signalés par les marins-pêcheurs. Autant dire que le bilan, encore provisoire, risque de s'alourdir dans les prochains jours", écrit la LPO dans un communiqué.

La LPO a effectué ces comptages durant trois week-ends, en mobilisant plus de 500 bénévoles.

Une conjonction de facteurs explique cette hécatombe, principalement la très grande difficulté qu'ont eue ces oiseaux à se nourrir.

Concentrés à cette période de l'année au centre de l'Atlantique Nord, "ils sont dans une zone balayée par les tempêtes depuis quasiment avant Noël, et du coup, les conditions alimentaires sont particulièrement déplorables", explique à l'AFP Bernard Cadiou, ornithologue spécialiste des oiseaux marins.

"Les petits poissons descendent plus bas pour ne pas être touchés, et pour le plancton, un certain nombre d'espèces passives sont broyées, dispersées", détaille-t-il.

Les tempêtes se succédant, "les oiseaux ne peuvent plus faire face et meurent d'épuisement", après avoir aussi dépensé beaucoup d'énergie pour "flotter dans des creux de cinq à 15 mètres", ajoute-t-il.

Quelques oiseaux ont pu aussi être achevés par des boulettes de pétrole, des bateaux profitant des intempéries pour dégazer au large.

Facteur aggravant: une partie de ces oiseaux sont "en mue ou ont mué il y a peu de temps, donc étaient inaptes au vol au moment où les tempêtes sont survenues", explique l'ornithologue.

"Jusqu'en 1900, on n'a aucune trace" d'un échouage aussi massif, indique Nicolas Gendre, responsable des programmes à la LPO. "Après les tempêtes, on trouve toujours quelques cadavres d'oiseaux" mais jamais autant qu'aujourd'hui, précise-t-il.

Pour Bernard Cadiou, l'ampleur de la découverte s'explique principalement par l'orientation des vents et des courants. "On aurait pu avoir le même phénomène avec des conditions météorologiques différentes et on n'en aurait rien su, car ils seraient morts en mer", explique-t-il.

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