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ETA: lettre ouverte à Madrid d'un pasteur témoin du désarmement de l'IRA

26/02/2014 02:43 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Le pasteur méthodiste Harold Good, l'un des deux religieux témoins du démantèlement des armes de l'IRA, a adressé une lettre ouverte au gouvernement espagnol où il lui demande d'accepter un dialogue afin d'avancer vers un désarmement de l'ETA.

Le 21 février, la Commission internationale de vérification, un groupe d'experts en conflits non reconnu par Madrid, avait annoncé avoir constaté en janvier que le groupe séparatiste basque avait "mis hors d'usage une certaine quantité d'armes".

La nouvelle a été accueillie avec scepticisme à Madrid, où le gouvernement ne cesse de réclamer la dissolution sans conditions de l'ETA.

Le ministre espagnol de l'Intérieur, Jorge Fernandez Diaz, avait qualifié l'annonce faite par les experts, accompagnée d'une vidéo où l'on voyait des militants de l'ETA montrer une petite quantité d'armes, de "mise en scène", et ajouté qu'il n'avait pas besoin des experts internationaux.

"En tant qu'observateur bien informé de la situation de votre pays, tout comme de celle de l'Irlande du Nord et d'autres lieux, je vous demande de répondre à ce premier petit pas en prenant sérieusement en compte les demandes liées au traitement et au rapatriement des prisonniers", écrit le pasteur.

Le rapprochement du Pays Basque des militants de l'ETA emprisonnés est en effet une revendication de premier plan du groupe comme d'une large partie de la société basque.

"L'idéal serait que cela se fasse à travers des conversations avec l'ETA et/ou des représentants indépendants et en accord avec les principes européens des droits de l'Homme", a ajouté le révérend Hood.

"Ne considérez pas le fait de parler comme une reddition. Dans n'importe quel conflit, dans des querelles domestiques ou des luttes politiques, il n'existe pas d'alternative au dialogue", écrit-il.

Soulignant qu'il a été "invité en de nombreuses occasions au Pays Basque" et qu'il y a rencontré des personnes "engagées dans la recherche d'une paix juste et durable", le pasteur raconte avoir été "très encouragé en apprenant la nouvelle du premier pas tant attendu vers le désarmement de l'ETA".

"Malheureusement, en lisant la réponse méprisante du ministre de l'Intérieur, mon euphorie est retombée et a été remplacée rapidement par un profond sentiment de préoccupation", a-t-il ajouté.

Le pasteur Harold Good, avec le prêtre catholique Alec Reid, avait été autorisé à assister au démantèlement des armes de l'IRA, supervisé en 2005 par le général canadien John de Chastelain.

sg/mr

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