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Economie, sécurité: Hollande jeudi et vendredi au Nigeria pour pousser les pions français

26/02/2014 05:02 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

Le président français François Hollande sera jeudi et vendredi l'invité d'honneur du Nigeria pour le centenaire de l'unification de ce pays à l'économie en très forte progression, où la France espère pousser ses pions, mais en partie déstabilisé par l'insurrection islamiste de Boko Haram.

Hôte début décembre à Paris d'un sommet franco-africain sur la sécurité, François Hollande, qui pourrait ajouter une escale à Bangui lors de son déplacement selon plusieurs médias français, participera aussi au Nigeria à une conférence internationale sur la sécurité, la paix et le développement en Afrique. Il est le seul chef d'Etat occidental invité à ce forum auquel assisteront nombre de dirigeants africains.

Pour la France, le déplacement de François Hollande est l'occasion de remettre le pied dans le pays le plus peuplé d'Afrique, avec 170 millions d'habitants. Le Nigeria connaît un taux de croissance de 7% par an depuis 8 ans et son PIB est en passe d'être réévalué par le Fonds monétaire international (FMI), ce qui le propulserait devant l'Afrique du Sud, première économie du continent.

Au Nigeria, la France "a perdu à la fois en parts de marché et en influence politique depuis 30 ans" et "notre réseau de coopération a considérablement diminué", relève Marc-Antoine Pérouse de Montclos, spécialiste de ce pays à l'Institut de recherche pour le développement.

Après Jacques Chirac, venu saluer en 1999 l'instauration de la démocratie au Nigeria, il s'agit de la deuxième visite seulement d'un président français dans ce pays, né en 1914 du regroupement de deux protectorats britanniques.

Sur le plan économique, François Hollande et son homologue nigérian Goodluck Jonathan interviendront jeudi après-midi en clôture d'une rencontre entre dirigeants d'entreprises françaises et nigérianes.

La France souhaite diversifier des relations commerciales avec le Nigeria pour l'heure essentiellement axées sur les produits pétroliers, en développant les échanges dans d'autres secteurs, en particulier l'agroalimentaire, la distribution et les infrastructures.

Des accords devraient être signés avec l'Agence française de développement (AFD) pour l'électrification de la région d'Abuja et avec l'entreprise française Vergnet spécialisée dans l'éolien. L'AFD est en mesure de consacrer jusqu'à 650 millions d'euros sous forme de prêts en 3 ans au Nigeria, selon l'Elysée.

- Terrorisme, un même combat -

Lors de la conférence sur la sécurité, le président français soulignera, selon son entourage, que "la France et l'Europe peuvent être des partenaires dans le développement par l'Afrique de ses propres ressources en matière de sécurité".

"Il y a des intérêts convergents entre les deux pays en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme", confirme Marc-Antoine Pérouse de Montclos. Dans le passé, les deux pays se sont parfois heurtés sur des questions territoriales "mais aujourd'hui, les Nigérians sont très contents que la France soit intervenue au Mali", ajoute-t-il.

La lutte contre le terrorisme sera l'un des sujets principaux des discussions de François Hollande avec les autorités du Nigeria. Le groupe islamiste Boko Haram, impliqué ces derniers mois dans l'enlèvement de plusieurs Français à la frontière du Nigeria et du Cameroun et depuis libérés (la famille Moulin-Fournier et le père Georges Vandenbeusch), multiplie les attaques meurtrières dans le nord du pays. Celle d'un lycée qui a fait 43 morts dans la nuit de lundi à mardi lui a été attribuée.

M. Hollande devrait, selon son entourage, assurer son homologue que la France "se sent concernée par son combat contre le terrorisme". "Ce qu'a fait la France avec l'opération Serval au Mali et ce que fait le Nigeria contre Boko Haram est complémentaire", souligne un diplomate sous couvert d'anonymat. Paris entend "poursuivre et approfondir" le dialogue en matière de renseignement avec le Nigeria, selon la même source.

La France est par ailleurs prête à apporter sa contribution dans la lutte contre la piraterie dans le golfe de Guinée.

En signe d'amitié, François Hollande a prévu lors de sa visite de restituer à Goodluck Jonathan une statuette nigériane Nok (ce type d'oeuvre est l'objet de nombreux trafics) saisie par les douanes françaises.

Jeudi soir, le président français participera aux festivités du centenaire dans le stade de la capitale et repartira vendredi matin. Pour ce déplacement, il sera accompagné d'un seul ministre, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius.

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