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Des échauffourées éclatent en Crimée pendant que Poutine ordonne des manoeuvres (VIDÉO)

26/02/2014 09:09 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

"Ukraine, Ukraine !" et, en face, "Russie, Russie !" Manifestants pro et anti-russes se sont opposés mercredi sous haute tension à Simféropol, capitale de la Crimée et point stratégique pour la crise politique en Ukraine.

De brèves échauffourées ont eu lieu entre manifestants favorables aux nouvelles autorités ukrainiennes et militants pro-russes devant le Parlement local, qui a renoncé à un débat sur une éventuelle sécession de cette région qui fit longtemps partie de la Russie avant d'être rattachée en 1954 à l'Ukraine.

Plus de 5.000 personnes s'étaient réunies dans l'après-midi devant l'immense bâtiment: des Tatars d'un côté, les plus nombreux, agitant des drapeaux ukrainiens, et des partisans d'un rattachement à la Russie de l'autre, certains arborant des drapeaux russes et même un étendard rouge avec un marteau et une faucille, pour rappeler la défunte URSS.

Les Tatars, communauté de tradition musulmane, scandaient "Ukraine, Ukraine !", et, parfois, "Allah est grand !" ou "La Crimée n'est pas la Russie !".

Plusieurs cordons de policiers non armés protégeaient l'entrée de la Rada (Parlement), une immense bâtisse faisant face à la cathédrale Alexandre Nevski, aux bulbes dorés étincelants, tandis qu'une dizaine de cars de police étaient garés dans une rue adjacente.

La situation s'est tendue quand les manifestants tatars ont commencé à vouloir repousser sur le côté les militants pro-russes: des injures, des bousculades, des jets de bouteilles et quelques coups ont été échangés, mais les forces de l'ordre sont rapidement intervenues pour séparer les deux camps.

- Union européenne ou Russie ? -

"Nous soutenons Maïdan (le nouveau régime ukrainien), nous voulons entrer dans l'Union européenne", explique Saitmemet Mouratov, un hommes d'affaires tatar présent dans la foule.

"De par la géographie, il est impossible que la Crimée (située dans le sud de l'Ukraine) fasse partie de la Fédération de Russie", assène quant à elle Nara Narimonova, employée d'une ONG: "Nous voulons être avec l'Ukraine".

"Nous vivons ici depuis de très nombreuses années", souligne-t-elle, cependant qu'une autre jeune Tatare, Niyara, 24 ans, qui travaille dans l'organisation de mariages, rappelle que si les Tatars ont été déportés hors de Crimée sous Staline, ils sont désormais "des Criméens" à part entière.

"Nous voulons que l'Union européenne signe un accord d'association avec l'Ukraine, nous voulons que nos enfants vivent et étudient en Europe et qu'il n'y ait pas de provocations de la part des séparatistes russes", poursuit-elle.

A quelques mètres de là, chez les militants pro-russes, c'est un tout autre son de cloche.

"Nous avons déjà fait partie de la Russie, nous voulons y revenir et tout le peuple veut y revenir", s'enflamme Ioulia, à la tête d'une petite entreprise.

"Nous ne voulons pas sur notre terre de cette guerre qui a amené ce pouvoir fasciste (à la tête de l'Ukraine), de cette guerre qui a lieu à Kiev", où plus de 80 personnes ont été tuées la semaine dernière avant le départ du président Viktor Ianoukovitch, s'emporte Alexandre, venu de Yalta, une station balnéaire de Crimée.

Le rassemblement a commencé à se disperser vers 16H00 (14H00 GMT) après que des députés furent venu lancer des appels au calme à leur sortie du Parlement.

Les pro-russes réclament l'organisation d'un référendum sur le statut de la Crimée, où les tensions séparatistes se sont accrues depuis la destitution de Viktor Ianoukovitch.

Une hypothèse rejetée par le président du parlement de Crimée, Volodymyr Konstantinov. "Le Parlement ne va pas discuter d'une sortie de la Crimée de l'Ukraine. Il s'agit d'une provocation visant à discréditer le Parlement autonome de Crimée", a indiqué son porte-parole.

Les Tatars, installés depuis le XIIIe siècle en Crimée, avant d'être déportés en Sibérie et en Asie centrale sous le régime stalinien, sont revenus dans cette péninsule après la chute de l'Union soviétique en 1991, et y représentent aujourd'hui 12% des deux millions d'habitants.

La Crimée est à présent une république autonome de l'Ukraine, mais elle abrite la Flotte russe de la Mer Noire.

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